Covid-19 : en Haute-Savoie, les indicateurs de l'épidémie se sont dégradés très rapidement

Comme les autres départements alpins, un couvre-feu a été imposé en Haute-Savoie à partir de vendredi 23 octobre à minuit. Dans le département, l'accélération de la circulation du virus du Covid-19 est brutale. 

Des touristes portent le masque devant la Mer de glace dans le massif du Mont-Blanc, le 16 mai 2020.
Des touristes portent le masque devant la Mer de glace dans le massif du Mont-Blanc, le 16 mai 2020. © PHILIPPE DESMAZES / AFP
À la fin du mois de septembre, la Haute-Savoie était encore à l'écart du début de la deuxième vague de l'épidémie de Covid-19. Les taux de positivité et d'incidence au coronavirus du département étaient inférieurs à la moyenne nationale. Mais depuis le début du mois d'octobre, la circulation du virus s'est très rapidement accélérée sur le territoire haut-savoyard, comme l'a rappelé samedi 24 octobre octobre le préfet Alain Espinasse qui a évoqué "un développement extrêmement rapide des cas de coronavirus". C'est pour cette raison qu'un couvre-feu entre 21h et 6h a été imposé en Haute-Savoie depuis vendredi 23 octobre à minuit et jusqu'au 13 novembre à minuit. 
 
C'est en l'espace de trois semaines que les indicateurs ont basculé du mauvais côté. Du 28 septembre au 4 octobre, la Haute-Savoie comptabilisait 400 nouveaux cas de coronavirus. Deux semaines plus tard, du 12 au 18 octobre, le pointage hebdomadaire avait explosé à 2200 cas positifs. C'est l'une des plus fortes hausses dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. 

Tous les indicateurs sont aujurd'hui mauvais. Le taux d’incidence au 23 octobre 2020 pour la Haute-Savoie est de 339 pour 100 000 habitants, selon Santé Publique France. Le taux de positivité s’établit à 18,2 % sur 7 jours glissants et 131 personnes sont actuellement hospitalisées dans le département pour Covid-19, dont 18 en réanimation. Autre point négatif, le taux d’incidence chez les plus de 60 ans est de 268,5 pour 100 000 habitants. Une donnée inquiétante, car les personnes âgées sont les principales victimes du virus. 
   

"Personne ne pense que la Haute-Savoie a atteint une immunité collective suffisante"


Cette flambée épidémique en Haute-Savoie n'est pas si surprenante à la vue de la situation dans les départements voisins tous touchés sévèrement par la deuxième vague de l'épidémie. À la fin du mois de septembre, alors que les voyants n'étaient pas encore au rouge en Haute-Savoie, Antoine Flahault, le directeur de l'Institut de santé globale à la faculté de médecine de l'université de Genève, nous confiait déjà qu'il ne voyait pas le territoire être épargné longtemps par la reprise épidémique au vu de la tendance dans la région. Et cela malgré le fait que la Haute-Savoie avait été déjà très touchée par la première vague de l'épidémie au printemps dernier. 

"Personne ne pense que la Haute-Savoie a atteint une immunité collective suffisante pour être protégée d'une seconde vague. Madrid, une ville très touchée lors de la première vague au printemps, se reconfine actuellement à cause d'une nette hausse du nombre de patients en réanimation. Et Madrid a été plus touchée que la Haute-Savoie lors de la première vague. On a aujourd'hui l'impression que tous les territoires d'Europe de l'Ouest sont peu à peu touchés de la même façon", nous disait le directeur de l'Institut de santé globale à la faculté de médecine de l'université de Genève. Il avait malheureusement raison. 

 
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