L'éclairage public sera éteint dans une centaine de communes du Grand Genève la nuit du 26 septembre

Des animations seront organisées dans le Grand-Genève pour observer le ciel sans pollution lumineuse. / © GEORG HOCHMUTH / APA / AFP
Des animations seront organisées dans le Grand-Genève pour observer le ciel sans pollution lumineuse. / © GEORG HOCHMUTH / APA / AFP

Les habitants du Grand Genève vont pouvoir observer les étoiles la nuit du 26 septembre. Une centaine de communes parmi les 209 de l'agglomération transfrontalière vont éteindre leur éclairage public pour la première fois. Une opération bénéfique à de nombreux points de vue.

Par Margot Desmas

Il va faire tout noir dans le Grand Genève la nuit du 26 septembre. Les 209 communes de l’agglomération transfrontalière, en Suisse et en Haute-Savoie, sont appelées à éteindre leur éclairage public toute une nuit "pour sensibiliser aux méfaits de la pollution lumineuse et permettre au million d’habitants de revoir planètes, étoiles et voie lactée", indiquent les organisateurs de l'événement baptisé "La nuit est belle".

Déjà 109 communes, soit plus de la moitié d'entre elles, ont accepté de participer à ce défi lancé par le Museum d’histoire naturelle de Genève, la Société Astronomique de Genève, la Maison du Salève et le Grand Genève.
 

"Il y a d'excellentes raisons de réduire l'éclairage nocturne : diminuer la consommation d'énergie, éviter les dérèglements pour la faune nocturne comme les chauves-souris, papillons et autres insectes qui voient leur habitat gravement perturbé. Mais aussi et surtout, cela limite l'impact sur la qualité du sommeil et donc sur la santé de chacun de nous", souligne Gudrun Russig, responsable de l'environnement à la Région de Nyon.

 

Opération inédite


Une telle opération est inédite dans le cadre d’un territoire transfrontalier de plus d’un million d’habitants, rapportent les organisateurs. Dans le Grand Genève, l'éclairage extérieur a été multiplié par deux au cours des trois dernières décennies, selon le président de l'agglomération franco-suisse Antonio Hodgers pour qui "il est important que nos habitudes de consommation d'électricité changent." En adaptant les installations actuelles, il serait possible de faire 40% d'économies sur les dépenses d'énergie selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe).

Au-delà des bénéfices sanitaires et environnementaux, cette soirée sans lumière artificielle offre des conditions astronomiques idéales : nouvelle lune, voie lactée visible dès le coucher de soleil, observation de Saturne et Jupiter. C'est pourquoi de nombreuses animations locales seront organisées dans plusieurs communes du Grand Genève. Les participants pourront notamment observer le ciel avec les clubs d'astronomie, profiter d'un repas à la bougie ou de balades nocturnes.

Tout le programme de cette première édition de "La nuit est belle" est à retrouver sur le site de l'événement. Les organisateurs espèrent d'ores et déjà faire de cette expérience un "un grand événement annuel ou bisannuel culturel et populaire", disent-ils. Et un jour peut-être, observer les étoiles en ville deviendra habituel dans le Grand Genève.

 

Le saviez-vous ?

Les astronomes ont été les premiers à se plaindre de la pollution lumineuse en... 1970. Ils alertent alors sur l'augmentation des sources de lumière qui nuisent à l'observation du ciel, et donc à leurs recherches, rapportent les organisateurs de "La nuit est belle" sur leur site.

A l'époque, ce terme n'est pas encore employé par les pouvoirs publics qui ne se pencheront réellement sur la question que quarante ans plus tard, lors du Grenelle de l'environnement en 2009. Le ministère de l'Environnement emploiera l'expression "pollution lumineuse" pour la première fois en 2013.

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