Flamboyance et faillite, retour sur le destin du plus ancien voyagiste du monde Thomas Cook: tout a commencé.. en Suisse

© France 3 Alpes
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Le 23 septembre dernier, sa faillite a été retentissante, à la hauteur de la flamboyance de ses débuts. Après 178 ans d'existence, Thomas Cook, le plus ancien voyagiste du monde fut pourtant un visionnaire. C'est lui qui inventa les circuits circuistiques, et tout a commencé ...en Suisse

Par France 3 Alpes

Pour remonter les traces de ce pionnier au destin hors normes, il faut remonter au 19ème siècle, aux bords du lac Léman, sous les ors et les splendeurs du Beau Rivage Palace de Lausanne, le plus ancien Grand Hôtel du site, sur lequel l'Anglais a jeté son dévolu ...en 1863, et où il a choisi de s'installer. Il y avait emmenagé son QG, son "camp de base".

C'est dans ces salons, fréquentés par la grande bourgeoisie qu'il imagine et révolutionne le tourisme. "Autodidacte et faiseur de vacances", il invente le voyage et les circuits touristiques. En 1850 en Angleterre, il va permettre à des milliers de personnes de prendre le train. 

Mais c'est dans un pays neutre, en Suisse, dans les Alpes, que Thomas Cook organise ses tous premiers voyages. Ses destinations privilégiées, les grands hotêls qui séduisent les anglais en quête de découvertes .

Sa philosophie " travailler l'image et l'imaginaire, vanter la jouissance des paysages, la richesse de contempler les sommets qui permettent à l'homme de prendre de la hauteur, sans forcément partir à la rencontre de l'Autre".

A l'origine, on ne part pas à l'aventure, "on reste entre soi, on parle anglais". Thomas Cook négocie avec les grands hôtels, c'est très vite un succès.

L'émergence progressive d'un tourisme de masse

Cook est assurément un visionnaire, un pionnier, un avant-gardiste dans le domaine" explique l'historien Laurent Tissot, Professeur émérite d' histoire contemporaine : "il est à l'origine de l'émergence d'un système touristique nouveau, de la naissance du tourisme de masse du XXème siècle".

Reportage d'Ingrid Pernet Duparc, Serge Worreth & JJ Picca

Une faillite retentissante
      
Le Royaume-Uni a du mener une opération sans précédent de rapatriement dans le pays de 140.000 touristes, deux semaines après la faillite spectaculaire du voyagiste Thomas Cook, mais le casse-tête du remboursement de 800.000 personnes dont les vacances sont tombées à l'eau ne fait que commencer.

 L'autorité britannique de l'aviation civile (CAA)  a même annoncé que cette opération baptisée "Matterhorn" était la plus importante depuis la Seconde guerre mondiale.

  Au total, 150 avions auront permis de ramener quelque 140.000 personnes depuis le lancement du rapatriement il y a deux semaines, quelques heures après la brusque faillite de Thomas Cook.

  En parallèle, les autorités mènent une opération sans équivalent de remboursement de 360.000 réservations de vacances pour environ 800.000 personnes dont le séjour a été annulé en raison de la faillite du voyagiste.  

 Au moment de la chute de Thomas Cook, un total de 600.000 touristes étaient en vacances avec le voyagiste. Le Royaume-Uni a rapatrié ses vacanciers et le sort d'environ 450.000 autres se joue à présent entre plusieurs pays et filiales qui n'avaient pas toute fait immédiatement faillite.

En Allemagne, où trois filiales ont déposé le bilan, l'ensemble des 140.000 voyageurs concernés sont rentrés, selon la télévision n-tv. Les remboursements demandés par les voyageurs lésés dépassent toutefois largement le plafond prévu, a prévenu l'assureur Zurich Insurance Deutschland.

  
 Les déboires du tour opérateur le plus vieux du monde ont par ailleurs coûté leur emploi aux 9.000 salariés du groupe au Royaume-Uni, sur 22.000 personnes employées dans le monde. 

Le liquidateur en charge de la faillite a confirmé à qu'un grand nombre d'entre eux n'avaient pas été payés pour septembre. Ils peuvent toutefois faire une demande pour recevoir leur dû auprès des autorités.

 Environ 2.200 personnes sont, quant à elle, encore payées normalement puisqu'elles ont été conservées temporairement pour gérer le rapatriement et la liquidation.

Lors d'une manifestation la semaine dernière devant le Parlement britannique, des ex-employés ne cachaient pas leur désarroi et expliquaient se sentir abandonnés.

Certains craignaient de ne pas pouvoir retrouver un emploi et d'autres, brutalement privés de revenus, avaient recours à des banques alimentaires pour se nourrir pour la première fois de leur vie.

Ces dernières années, Thomas Cook avait pâti de la frilosité des clients en raison des incertitudes du Brexit et des changements de modes de consommation des vacanciers, qui délaissent les agences traditionnelles pour les réservations en ligne.

Sa trésorerie avait fondu, précipitant sa chute.
   


 

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