JO d'hiver 2030 dans les Alpes : "La ligne d'arrivée n'est pas encore franchie", avertit le CIO

Une délégation du CIO était ce lundi en Haute-Savoie pour inspecter les sites retenus pour accueillir les JO-2030. Si les Alpes françaises sont en bonne position pour accueillir ces olympiades, rien n'est encore joué d'avance selon le comité.

Coup d'envoi de la tournée d'inspection des sites pressentis pour accueillir les JO d'hiver 2030. Une délégation du Comité international olympique (CIO) était en Haute-Savoie ce lundi 22 avril pour la première journée de sa tournée d'une semaine dans les Alpes françaises.

"La ligne d'arrivée n'est pas encore franchie" pour la candidature française aux JO-2030, a averti le CIO. "Nous devons poser des questions aux présidents, au comité olympique, à la communauté, c'est une étape très importante", a indiqué le président de la Commission pour le futur hôte des Jeux olympiques d'hiver du CIO, Karl Stoss.

"Nous avons encore un peu de travail à faire" avec l'étude des sites, des villages olympiques, des réseaux de transports et "des entretiens avec les maires et les athlètes concernés", a-t-il détaillé à La Clusaz. La décision finale sur la candidature française, désormais seule en lice et en phase ultime de "dialogue ciblé", est attendue les 23-24 juillet à Paris avant l'ouverture des Jeux 2024.

"Dernière ligne droite"

La commission a été accueillie dans un village sous bonne garde policière par Laurent Wauquiez et Renaud Muselier, présidents respectifs des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur. Initiateurs de la candidature française, ils ont fait part de leur "fierté" de la voir entrer "dans la dernière ligne droite".

"Le CIO veut savoir comment les bus vont s'acheminer, comment on va organiser l'hébergement des sportifs, comment ça sera accessible pour le handicap... Cela nous permet aussi de nous dépasser. Ces Jeux olympiques vont nous aider à faire grandir notre montagne", a estimé Laurent Wauquiez.

Les JO vont nous amener à aller plus loin en termes d'approches de notre montagne pour construire une montagne durable.

Laurent Wauquiez, président (LR) de la région Auvergne-Rhône-Alpes

Les infrastructures de La Clusaz, qui accueillera le ski de fond, ont été inspectés hors caméra. Les pistes devront être rallongées et certains aménagements sont prévus pour l'accueil des 500 sportifs et 12 000 spectateurs.

Il s'agira de Jeux "sobres et durables", a insisté M. Wauquiez, critiquant ceux qui veulent "opposer sport et environnement". "Il faut réunir les deux (...) Les JO vont nous amener à aller plus loin en termes d'approches de notre montagne pour construire une montagne durable", a-t-il avancé.

Des opposants écartés

Quelques militants du mouvement Extinction Rebellion Mont-Blanc ont été empêchés de déployer dans le village une banderole réclamant la tenue d'un "référendum" sur les JO-2030. La candidature des Alpes françaises, dès son lancement, a suscité une levée de boucliers des défenseurs de l'environnement qui rappellent notamment que la Cour des comptes a récemment mis en garde les stations sur la pérennité de leur modèle basé sur le ski dans un contexte de crise climatique.  

Le sujet de la neige est "pris très au sérieux" par les organisateurs des JO, a assuré M. Wauquiez. "Toutes les stations qu'on a choisies sont des stations qui, avec les évaluations les plus sceptiques, ont de la neige en 2030", a-t-il souligné.

Après la Haute-Savoie, la commission du CIO est attendue en Savoie sur les sites de ski alpin et luge-bobsleigh entre La Plagne, Courchevel et Bozel. La délégation se rendra ensuite à Montgenèvre et Serre Chevalier (Hautes-Alpes) où doivent se tenir les épreuves de snowboard et de ski acrobatique puis à Nice, qui devrait accueillir les sports de glace.