Manque de personnel, hausse de l'activité… En Haute-Savoie, les ambulanciers tirent la sonnette d'alarme

Les sociétés d'ambulance font face à une pénurie de personnel. A la veille des vacances de Noël et dans un contexte de reprise de l'épidémie de Covid-19, l’association départementale des transports sanitaires urgents de Haute-Savoie (ATSU 74) tire la sonnette d’alarme.

« C’est une situation exceptionnelle » que décrit Philippe Voyer, administrateur de l’ATSU 74. « Aujourd’hui, notre carence en personnel est de 30 % sur nos effectifs à l’année ». Une situation problématique alors que la profession doit « faire face à une augmentation de la Covid et la multiplication de la population en saison d’hiver. »

De plus, les sociétés d’ambulance du département peinent à recruter le personnel saisonnier dont elles auraient besoin pour assurer la montée en charge de l’activité entraînée par l’activité touristique hivernale et la multiplication des accidents sur les pistes de ski. « Habituellement, on fait des recrutements saisonniers au mois de décembre », explique Philippe Voyer, « et cette année, ils ne sont pas au rendez-vous. »

Une désaffection qui s'explique en partie par l'épuisement de la profession après deux années marquée par la Covid-19. « Les ambulanciers sont sur les rotules, comme tous les soignants. Ils sont vraiment courageux car ils ne se sont jamais arrêtés, ils ont absorbé depuis 2 ans tous les patients Covid, avec des temps de prise en charge allongés par les protocoles de désinfection. Mais aujourd’hui, ils sont usés. »

Des conséquences pour les patients

La société d’ambulances dirigée par Philippe Voyer, ADLV, évacue chaque hiver 2 500 blessés des stations de ski. « Ces engagements-là, il va falloir qu’on les tienne. Si on a de la carence, ce sont les pompiers qui vont devoir intervenir à notre place et il y aura de la carence dans l’urgence pré-hospitalière. »

« On a des discussions régulières avec les pompiers, le Samu, l'agence régionale de santé, les hôpitaux. On essaie de mettre des mesures en place pour que ça se passe le mieux possible pour les vacances de Noël ».

« On sait par exemple que les ambulanciers de Haute-Savoie seront dans l’incapacité de faire du rapatriement sanitaire pour les assistances. Ces ambulances qui partent aux quatre coins de la France, nous allons les garder localement pour assurer les parcours de soins réguliers de nos patients, l’urgence pré-hospitalière et le secours en montagne. Cela veut dire que les compagnies d’assistance vont devoir s’adresser à des entreprises d’ambulances de départements éloignés pour faire cette prise en charge. Donc on déporte le problème », regrette Philippe Voyer. 

L'attractivité du métier en question

Cette pénurie de personnel ne touche pas seulement la Haute-Savoie. Au niveau national, la Fédération nationale de la mobilité sanitaire (FNMS) estime que 20 % des postes d’ambulanciers, soit 5 800 emplois, sont vacants. Les représentants de la profession travaillent avec l’Etat sur l’attractivité du métier d’ambulancier.

« On a des améliorations qui vont arriver en 2022 avec la réforme du diplôme d’Etat ou l’augmentation tarifaire qui va nous permettre d’augmenter significativement nos ambulanciers. Mais sur le court terme, ça reste compliqué », conclut Philippe Voyer.