Grenoble : des ambulanciers entrent en grève pour demander une revalorisation des salaires

Une trentaine d'ambulanciers ont manifesté devant le CHU de Grenoble ce mardi pour demander, notamment, une revalorisation de leur salaire. Ils estiment être les oubliés du Ségur de la santé et veulent être considérés comme des soignants.

Les ambulanciers entrent en grève pour demander "davantage de reconnaissance". Ils étaient une trentaine à débrayer devant le CHU Grenoble-Alpes (Chuga) mardi 13 juillet, militant pour une requalification de leur statut. Les quelque 3 000 ambulanciers français sont considérés comme des personnels techniques et non des soignants. Ils contestent cette classification, faisant valoir leur rôle auprès des patients lors de leur prise en charge.

"Nous, les ambulanciers du Smur (Service mobile d'urgence et de réanimation, NDLR), notre mission auprès du patient va être de prendre les constantes, réaliser les électrocardiogrammes, poser les atèles, faire les pansements, faire le massage cardiaque... On a tout un tas de missions à réaliser au chevet du patient et on n'a aucune reconnaissance", regrette Jean-François Présallet, ambulancier au Chuga.

 

"Maillon essentiel"

Les salariés ambulanciers estiment être les oubliés du Ségur de la santé, la grande consultation organisée par le gouvernement l'été dernier. Elle avait abouti à des revalorisations salariales pour plusieurs professions du secteur de la santé, mais pas les ambulanciers. "On ressent ça comme une injustice, c'est incompréhensible", ajoute Jean-François Présallet, expliquant que la profession comptait sur le Ségur pour faire aboutir ces revendications de longue date.

Les grévistes demandent par ailleurs l'intégration en catégorie active, prenant en compte la pénibilité de leur travail, et une revalorisation des salaires. "C'est surtout une reconnaissance de notre profession au quotidien. On travaille 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. On est tout le temps là, on a été plus que présents dans cette pandémie (...) Et en retour, on n'a rien eu", constate l'ambulancier.

"Le transport, c'est quand même un soin : installer la personne, lui mettre de l'oxygène, la couvrir, s'en occuper, rassurer...", complète Sébastien Teillier, autre ambulancier gréviste militant pour la reconnaissance de ce "maillon essentiel de la chaîne des soins". Une cagnotte de solidarité a été lancée pour soutenir les personnels grévistes du CHU de Grenoble, ainsi qu'une pétition nationale en soutien aux ambulanciers hospitaliers.