Régionales : "Financer des canons à neige, on ne le fera plus", déclare la candidate EELV annécienne Fabienne Grébert

Son déficit de notoriété ne l'empêche pas de croire en une victoire verte aux élections régionales en Auvergne-Rhône-Alpes: à la peine dans les sondages, l'annécienne Fabienne Grébert espère un sursaut comme celui qui a permis aux écologistes de rafler Lyon et Annecy aux dernières municipales.

La candidate EELV aux élections régionales de 2021 en Auvergne Rhône-Alpes Fabienne Grébert
La candidate EELV aux élections régionales de 2021 en Auvergne Rhône-Alpes Fabienne Grébert © JEFF PACHOUD / AFP

Face au président LR sortant Laurent Wauquiez, largement favori, Fabienne Grébert met en avant l'exemple de sa ville d'Annecy où un mouvement citoyen a mis fin, pour quelques voix, à des décennies de règne à droite. "J'ai l'habitude des combats" qui peuvent paraître "perdus d'avance", sourit-elle. "Si on est capable de gagner cette ville qui avait toujours été à droite, pourquoi ne pas gagner la région?", poursuit la Haut-Savoyarde de 56 ans aux cheveux courts, poivre et sel, et au regard azur. En Auvergne-Rhône-Alpes, où la ville et la métropole de Lyon ainsi que la ville de Grenoble sont déjà aux mains des écologistes, une présidente de région du même bord permettrait "de coopérer, d'être plus efficace et de sortir des combats politiciens", estime la conseillère régionale issue du mouvement Nouvelle Donne. "Aujourd'hui il faut sortir des postures partisanes. Le dialogue (entre Lyon et la région) ne se fait pas; il y a blocage", déplore-t-elle.

Pour le président EELV de la métropole de Lyon Bruno Bernard, "il faut changer" de président de région. "Tout le monde, quelque soit le bord politique, fera ouf!", assure-t-il. Sondage après sondage, depuis plusieurs semaines, les listes de gauche, dont celle de Mme Grébert, arrivent toutefois loin derrière celles de Laurent Wauquiez et du Rassemblement national menée par Andréa Kotarac, un transfuge de la France insoumise. "Les sondages, je les relativise. Aux élections métropolitaines, pas un seul ne me mettait devant Gérard Collomb", réplique M. Bernard, se disant sûr qu'"on sera beaucoup plus haut que ce qu'on nous donne".

Elue à l'assemblée régionale depuis 2015, Fabienne Grébert part avec un handicap: "son déficit de notoriété", concède-t-elle. Déficit qu'elle espère avoir compensé par une campagne débutée dès l'automne, bien avant la plupart de ses adversaires.
 

"Je ne suis pas ministre" 

Fabienne Grébert

    

Originaire de Rive-de-Gier (Loire), elle se forge une "conscience de gauche" dès l'adolescence dans cette vallée industrielle touchée de plein fouet par le chômage de masse. "L'écologie est venue progressivement" dans son parcours politique. Mais "jeune, j'allais voir les Verts (l'équipe de football de Saint-Etienne, ndlr), c'était déjà prémonitoire", plaisante-t-elle. "Je crois que la question de la fin du monde et de la fin du mois sont intimement liées", résume la candidate.

Lors des tractages sur les marchés, la tête de liste EELV dans la Loire Olivier Longeon observe que Fabienne Grébert "est perçue comme une femme sérieuse et plus mûre que Cécile Cukierman (sénatrice de la Loire et tête de liste des communistes), qui est connue à Saint-Etienne, tandis que Najat Vallaud-Belkacem (sa rivale socialiste) a encore l'étiquette Hollande". C'est bien là pour Mme Grébert la principale difficulté: les forces de gauche sont parties dispersées en Auvergne-Rhône-Alpes. "Avec Najat et Cécile, nous allons nous retrouver face à nos adversaires communs", prédit Mme Grébert.

Au premier rang de ces adversaires figure bien évidemment le président sortant Laurent Wauquiez qui se sert, selon elle, de la région "comme piédestal pour sa carrière qu'il estime présidentielle". "Je peux donner confiance car je ne suis pas ministre et je n'ai pas l'intention de le devenir", estime la candidate verte. Et quand "M. Wauquiez fait campagne sur des thèmes nationaux, nous on fait campagne sur les besoins essentiels des habitants: se nourrir, se déplacer, avoir un travail, être en bonne santé".

Au discours sécuritaire mis en avant par son rival LR, elle répond "présence humaine". La spécialiste de la responsabilité sociétale des entreprises, domaine qu'elle enseigne à l'université de Savoie, veut "enclencher la transformation et l'accompagnement des entreprises vers la transition écologique", avec notamment des aides conditionnées à des critères environnementaux. "Financer des canons à neige, on ne fera plus!", prévient-elle.
 

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