Sécheresse. En pénurie d'eau, la ville de Rumilly risque la rupture d'alimentation : "On fait tout pour l'éviter"

La commune de Rumilly, en Haute-Savoie, manque cruellement d’eau. En cause, la sécheresse qui touche actuellement le département. Mardi 5 septembre, la communauté de communes a été contrainte de faire appel aux services d’un camion-citerne pour alimenter les 700 habitants du village de Val-de-Fier.

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"Avec la semaine de pluie qu’on a eue la semaine dernière, on pensait être tranquille au moins 15 jours, mais ça a tenu à peine 10 petits jours…" À la mairie de Rumilly, c’est l’inquiétude. La commune de Haute-Savoie et les villages aux alentours sont particulièrement touchés par la sécheresse.

Placé en vigilance sécheresse en juin, puis en vigilance renforcée le 23 août, le secteur est sous le coup de restrictions sur l'utilisation de l'eau. Mais ce n’est pas suffisant. La collectivité fait face à une vraie pénurie. "Malgré l’arrêté préfectoral, les consommations restent importantes. Et on constate que la consommation d’eau est plus élevée en cette fin août qu’en fin août de l'année dernière", indique Julien Coron, directeur du cabinet du maire de Rumilly.

À tel point que mardi 5 septembre, la communauté de communes de Rumilly Terre de Savoie a dû faire appel aux services d’un camion-citerne de 20 m3 pour alimenter le réservoir des Princes. Celui-ci fournit les 700 habitants de l’ancienne commune de Val-de-Fier (qui a fusionné avec Vallières en 2019 pour former Vallières-sur-Fier).

Une nappe phréatique au plus bas

Ce réservoir est habituellement alimenté par la nappe phréatique de Sous Chemiguet : "En raison de la sécheresse, la nappe de Sous Chemiguet n’est plus assez haute pour que l’on puisse pomper dedans", explique Julien Coron. "Et dans ce secteur, aucun secours n’est possible. C’est-à-dire qu’il n’y a pas d’interconnexion de réseau pour remplir le réservoir des Princes", détaille le directeur de cabinet. 

D’autant que les réserves de l’ancienne commune de Vallières sont insuffisantes pour combler tous les besoins. La mairie a alors dû trouver une solution d’urgence. "Le réservoir va être rempli ce mercredi, on imagine être tranquille jusqu’à samedi. Mais il est probable que l’on refasse des rotations en fin de semaine".

Un risque de rupture d'alimentation

L’eau fournie par le camion-citerne est prélevée sur le réseau de Rumilly, lequel est déjà majoritairement alimenté par le secours du Grand Annecy. Ce qui accentue encore la dépendance de la Communauté de communes vis-à-vis des collectivités voisines. "C’est le secours que nous fournit Annecy qui nous permet de tenir."

Ainsi, les habitants sont appelés à réduire autant que possible leur consommation d’eau afin d’éviter une rupture d’alimentation. "Nous faisons tout notre possible pour l’éviter, mais ce n’est pas impossible que ça arrive, indique Julien Coron. C’est pour cela qu’il faut continuer à être rigoureux dans sa consommation."

Des difficultés à la chaîne

Depuis l’été dernier, la communauté de communes de Rumilly enchaîne les difficultés liées à son approvisionnement en eau. La sécheresse de 2022 avait déjà contraint la mairie à faire appel à des citernes pour combler la pénurie. Puis, à l’automne dernier, une pollution aux perfluorés est détectée dans l’eau alimentant la commune. Deux captages sont alors fermés et Rumilly doit être reliée au réseau d’eau d’Annecy. 

En avril 2023, la mairie prend une décision qui fait débat : la suspension des permis de construire par peur de ne pouvoir fournir de l'eau à l’ensemble de la population. "Dès le mois de mai, nous savions qui nous allions vers une situation de sécheresse. C’est pourquoi nous avons pris très vite pris des mesures pour réduire la consommation d’eau avant l’aggravation de la situation", explique le directeur de cabinet. 

La suspension devrait se poursuivre jusqu’au mois de décembre, dans l’attente de la finalisation d’une station de traitement permettant la réutilisation de l’eau provenant de la nappe phréatique de Madrid.