Témoignage. "C’était le projet de nos vies" : un gîte centenaire ravagé par un incendie, les propriétaires "dévastés"

Publié le Écrit par Olivia Boisson

Le gîte du Passant, situé au Reposoir (Haute-Savoie), a été détruit par les flammes le 9 avril. Un nouveau coup dur pour les propriétaires des lieux dont l’activité avait déjà été bouleversée à la suite d’un éboulement en novembre dernier.

"Le premier mariage de la saison était prévu ce 1er juin", souffle l’un des propriétaires et gérants du gîte du Passant, ravagé par les flammes ce mardi 9 avril 2024.

Pour les deux associés, Marceau Fournier et Pierre Rubat, le sort s’acharne. Tout d’abord, en novembre dernier, une coulée de boue impressionnante avait bloqué l’accès au hameau du Reposoir et à leur établissement, provoquant "l’annulation de 25 mariages cet hiver". Alors que l’équipe du gîte préparait sa réouverture, ce "lieu symbolique de 140 ans" a été détruit par les flammes.

Cinquante mariages supplémentaires ont été annulés sur les 18 prochains mois.

Marceau Fournier, copropriétaire du gîte du Passant

Contacté par France 3 Alpes, Marceau Fournier se dit "dévasté", encore marqué par l’incendie de l'établissement situé en Haute-Savoie, à 1 300 mètres d'altitude.

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Un incendie dévastateur, les deux propriétaires "impuissants"

Les propriétaires des lieux n’étaient pas sur place lorsque le feu s’est déclaré, aux alentours de 18h30. "Un voisin nous a contactés", témoigne Marceau Fournier "et nous sommes arrivés sur place le plus vite possible. Les sapeurs-pompiers étaient déjà là et le chalet était déjà en proie aux flammes".

Des flammes de 15 mètres de haut sortaient du toit et dégageaient une chaleur impressionnante.

Marceau Fournier, copropriétaire du gîte du Passant

La route d’accès au hameau était toujours en travaux en raison de l’éboulement et les soldats du feu ont dû intervenir à pied, rendant l’opération difficile. Une scène à laquelle les deux associés ont assisté, totalement "impuissants".

C’est aussi brutal que tragique.

Marceau Fournier, copropriétaire du gîte du Passant

"Ce sont 15 ans de travail et pas mal d’argent qui s’effondrent sous nos yeux", poursuit le co-gérant.

"Le projet de nos vies"

Les deux amis, originaires de Haute-Savoie, se sont rencontrés à l’école d’hôtellerie de Thonon-les-Bains. Après plusieurs années en France et à l’étranger, ils ont décidé de racheter le gîte du Passant en juillet dernier. "C’était le projet de nos vies", confie l’un des associés, "on y avait mis tout notre cœur et nos tripes".

A la tête de cette ancienne ferme d’alpage, qui a accueilli plus de 300 mariages au fil des 10 dernières années, difficile aujourd’hui pour les propriétaires de "mettre des mots sur cette situation". "L’état d’esprit est mitigé, entre tristesse, espoir et volonté de créer quelque chose de nouveau", explique Marceau Fournier, "nous sommes jeunes, nous avons à peine 30 ans et nous essayons d’investir dans un pays où il n'est pas simple de devenir entrepreneur", poursuit le co-gérant.

Une enquête en cours

Une enquête est en cours et, selon Marceau Fournier, les propriétaires des trois chalets touchés par l’incendie ont porté plainte. "Les assurances commencent à faire leur travail et nous verrons par la suite si une reconstruction est possible", poursuit-il.

"Nous ne sommes pas de nature à abandonner, nous avons galéré à monter ce projet et nous n’allons pas jeter les armes aujourd’hui", affirme le Haut-Savoyard qui attend de savoir si une reconstruction est envisageable "pour rendre honneur aux précédents propriétaires et à l’histoire de ce bâtiment et ce qu’il représente pour les habitants et les clients".

Près de 9 000 euros récoltés en moins de 24 heures

Les propriétaires se disent "très touchés" par les nombreux messages de soutien reçus depuis l'incendie. Sollicités, ils ont lancé une cagnotte en ligne pour les aider "à passer au travers de cette épreuve, même si les assurances feront leur travail d’indemnisation".

En moins de 24 heures, ce vendredi, les associés avaient déjà reçu près de 9 000 euros de dons. Mais ils attendent surtout un "accompagnement positif de la part des pouvoirs publics". "Une coulée de boue il y a cinq mois, un incendie aujourd’hui... Nous sommes conscients que c’est un événement d’une ampleur assez importante et nous espérons ne pas rester seuls", conclut Marceau Fournier.

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