Trois questions sur les risques du hors-piste à Blaise Agresti, guide et expert du secours en montagne

Blaise Agresti, sur le plateau de France 3 Alpes ce mardi 4 février. / © France 3 Alpes
Blaise Agresti, sur le plateau de France 3 Alpes ce mardi 4 février. / © France 3 Alpes

Ces derniers jours, le risque d'avalanche est élevé dans les Alpes du nord et les accidents se multiplient. Alors, pourquoi prendre le risque de skier hors-piste et comment limiter les dangers ? Eléments de réponse avec Blaise Agresti, guide et expert du secours en montagne.

Par France 3 Alpes

Avec 60 accidents d'avalanches recensés, 13 décès et 27 blessés, le bilan d'accidentologie de l'hiver 2018-2019, bien que meilleur que celui de l'année précédente, n'est pas bon. Blaise Agresti, guide de haute montagne anciennement à la tête du PGHM de Chamonix (Haute-Savoie), analyse la situation. 

• Pourquoi prendre le risque de skier en hors-piste alors qu’on sait pertinemment que c’est dangereux ?

B.A. : "L’attirance de la neige poudreuse est énorme, elle procure un plaisir inouï au skieur. Cette attirance fait qu’on a de grandes difficultés à renoncer à l’activité.

Ce qu'il faudrait pour réduire le risque de manière générale, c’est d’abord d’en avoir une perception juste puis d'être capable de renoncer. C’est assez fondamental. On voit bien que tous ces jeunes, nourris par des visions assez idéalisées de la neige, ont du mal à renoncer."

 

• Faudrait-il limiter les images idéalisées de la montagne pour ne pas en transmettre une vision erronée et potentiellement dangereuse ?

B.A. : "Ces images ont un impact majeur, c'est vrai. On a tendance aujourd’hui à penser que le gens vont mettre en place des petites techniques pour réduire les risques. Mais l’impact visuel de la communication - des marques, mais aussi des réseaux sociaux - est énorme.

Sur les réseaux sociaux, à l’approche des périodes où la neige arrive, une frénésie collective s’installe. C’est hallucinant : chacun partage à qui mieux mieux des images. Effectivement, il faut lutter contre tous ces éléments qui poussent au risque inutile.

Pour cela, il faudrait faire un travail fondamental d’éducation, en faisant en sorte qu’un certain nombre d’outils qui existent aujourd’hui - comme l'application Yeti qui aide à la prise de décision - soient mieux connus.

Il faut vraiment travailler à préparer sa sortie pour savoir quelles sont les conditions générales du massif et prendre les mesures de précaution qui s'imposent."

 

• Alors quelle serait la solution pour réduire la prise de risque ?

B.A. : "Un des premiers éléments, c’est de lutter contre les croyances. En France, on a un petit problème par rapport à ça. Nos camarades suisses ont de meilleurs résultats en accidentologie.

C'est vraiment une problématique culturelle. Les gens pensent que les outils type détecteurs de victime d’avalanche (DVA), sont des éléments de réduction du risque. C’est faux. Ce sont simplement des chances de survie additionnelles."

 

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