Tuerie de Chevaline : près de 9 ans après, un individu placé en garde à vue

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Écrit par Antoine Belhassen
La tuerie de Chevaline a eu lieu sur une route forestière dans le parc régional naturel des Bauges, en septembre 2012.
La tuerie de Chevaline a eu lieu sur une route forestière dans le parc régional naturel des Bauges, en septembre 2012. © Philippe Desmazes/AFP

Un individu a été placé en garde à vue, ce mercredi 12 janvier, dans le cadre de l'enquête sur la tuerie de Chevaline (Haute-Savoie), survenue en 2012, confirme la procureure de la République d'Annecy. Cette garde à vue viserait à procéder à des "vérifications d'emploi du temps".

Un individu a été placé en garde à vue, ce mercredi 12 janvier, dans le cadre de l'enquête sur la tuerie de Chevaline (Haute-Savoie), survenu le 5 septembre 2012, confirme la procureure de la République d'Annecy, Line Bonnet-Mathis.

Cette personne a été interpellée vers 8h05, ce mercredi matin, par la Section de recherches de Chambéry "dans le cadre de l'assassinat de la famille Al Hili et de Sylvain Mollier""Cette garde à vue vise à procéder à des vérifications d'emploi du temps", précise le communiqué de la procureure, mais celle-ci "peut ne rien donner".

Des perquisitions sont également en cours au domicile de l'individu qui se trouverait dans la région lyonnaise, apprend-on après une première information de BFMTV. "Nous sommes extrêmement prudents sur les éléments d'identification", a-t-elle ajouté, rappelant que "la procédure est couverte par le secret de l'instruction".

Le suspect "déjà entendu"

L'avocat du gardé à vue, Me Jean-Christophe Basson-Larbi, a expliqué devant les journalistes que son client avait déjà été entendu dans le cadre de cette affaire. Il s'agit d'un motard aperçu près des lieux du crime et qui avait longtemps fait office de principal suspect.

Cet homme, portant le bouc et un casque noir, avait été croisé par des agents de l'Office national des forêts (ONF). Il avait été entendu une première fois en 2015 avant d'être mis hors de cause. La piste avait été écartée plus de deux ans après le drame lorsqu'il avait pu être établi qu'il s'agissait d'un chef d'entreprise adepte de parapente, aperçu par hasard près du lieu de la tuerie.

Il doit "bénéficier du droit au respect de sa vie privée, de la présomption d'innocence", souligne son avocat. "La position de ce monsieur est toujours la même : 'Je me promenais, je suis allé dans cette région pour quelque chose de précis'. Il faisait beau, il s'est baladé sur des sentiers qu'il ne connaissait pas parce qu'il n'a pas utilisé de GPS. Il a croisé la route d'automobilistes, peut-être, mais il n'a pas croisé la route de cette pauvre famille", affirme son avocat mercredi soir alors que son client est toujours entendu par les gendarmes.

L'enquête continue

Il y a neuf ans, sur une petite route forestière de Chevaline, Saad al-Hilli, 50 ans, ingénieur britannique d'origine irakienne, sa femme de 47 ans, et sa belle-mère de 74 ans, étaient découverts morts, tués par arme à feu, à l'intérieur d’un véhicule, une BMW immatriculée en Angleterre. Un cycliste donne l'alerte dans l'après-midi du 5 septembre 2012.

La voiture, dont le moteur était encore en marche, était criblée de balles. Au moins 25 douilles ont été retrouvées sur le sol. Les victimes ont reçu plusieurs balles dans la tête. À proximité de la voiture, un autre corps avait été retrouvé : celui de Sylvain Mollier, un cycliste, probable victime collatérale. Il a été retrouvé mort à l'avant droit de la voiture à côté de son vélo.

L'une des filles du couple al-Hilli avait été grièvement blessée, ayant reçu une balle à l'épaule et souffrant de blessures au crâne. La seconde, cachée sous les jambes de sa mère, s'en était sortie sans grande blessure. Elle sera retrouvée plus de huit heures après la tuerie.

L'affaire Chevaline a déjà donné lieu à des milliers d'heures d'enquête et d'auditions, des tonnes de documents épluchés et quatre interpellations, sans pour autant livrer son mystère. La procureure d'Annecy a précisé que de nouvelles informations seront données à l'issue de la garde à vue de l'individu.

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