Roms : leur situation se dégrade

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Les expulsions et les destructions de camps n'ont pas diminué le nombre de Roms en France et dans la région.

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LYON, Les Roms encore menacés d'expulsion

Le nombre des Roms vivant en France reste stable, autour de 15.000 personnes, dont 50% d'enfants, selon les associations. Les expulsions et les intimidations policières ont renforcé la précarité des populations.

Autant de campements et de personnes, dans la même précarité : un an après le discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy demandant une accélération des expulsions de Roms, la situation "n'a pas changé", selon le collectif Romeurope qui réclame l'ouverture du marché du travail à ces ressortissants européens.

"Sur le terrain, rien n'a changé", a déploré Laurent El Ghozi, accusant le chef de l'Etat de "stigmatiser" des populations "sur une base ethno-raciale" pour ensuite mettre en place "des lois qui restreignent les libertés de tout un chacun". Le  Le 30 juillet 2010, dans un discours musclé sur la sécurité, à Grenoble, le président de la République avait demandé au ministre de l'Intérieur de "mettre un terme aux implantations sauvages de campements de Roms", "des zones de non-droit qu'on ne peut pas tolérer en France".

Objectif fixé: démanteler 300 campements en trois mois. Il s'en était suivi une circulaire du ministère de l'Intérieur qui avait provoqué la colère de Bruxelles, en ciblant expressément une communauté ethnique dont les membres étaient expulsés collectivement après le destruction de leurs camps. La circulaire a finalement été remplacée. Selon des chiffres fournis par le ministère de l'Intérieur, 9.300 Roumains et Bulgares ont été expulsés de France en 2009, 9.529 en 2010 et 4.714 au premier trimestre 2011. Les trois quarts des campements illicites ont été démantelés. L'ex-ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, avait évoqué le nombre de 741 camps illicites recensés en juillet 2010.

Pour autant, le nombre des Roms vivant en France reste stable - autour de 15.000 personnes, dont 50% d'enfants, selon les associations. "Les procédures d'expulsion et les intimidations policières ont eu un réel effet sur la précarisation des populations: changement de lieux de vie dans l'urgence, insalubrité et surpopulation des nouveaux squats, perte des effets personnels et des documents officiels, limitation des déplacements, perte des revenus", déplore une étude de Médecins du Monde (MdM). A une politique "inefficace" et "indigne", Romeurope oppose un cahier de revendications concernant droit au séjour, travail, logement, scolarisation et protection sociale. Il veut la "levée immédiate" de la période de transition renvoyant à fin 2013 l'ouverture aux Roumains et Bulgares du marché du travail français.

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