Coronavirus et confinement : une louve photographiée près d'une auberge dans le Haut-Bréda en Isère

Confinés tout là-haut à la Ferrière dans la vallée du Haut-Bréda, 6 personnes animent la web-radio locale avec chaque jour des chroniques sur cette drôle de vie qu'ils partagent en communauté. Cerise sur le gâteau, pour la première fois, une louve est venue leur rendre visite.

Par Daniel Despin

Chaque jour, c'est devenu un rituel depuis l'obligation de confinement, ils se réunissent à l'Aubergerie, autour d'un verre, un bout de pain campagnard et une tranche de saucisson du pays, pour une conférence de rédaction au sommet.

Chacun pose ses idées sur la table et on échange. Chroniques, billets d'humeur, coups de coeur ou de gueule, les sujets sont âprement discutés avant d'être mis en ligne sur le site de la Web-radio, Radio Fond de France.
 
© Thomas Sibille
© Thomas Sibille

Confinés, ils le sont toute l'année, presque au bout du monde, au fin fond de la vallée du Haut-Bréda, devenue commune nouvelle en 2019 depuis le regroupement de La Ferrière et de Pinsot.

Mais avec l'arrivée du Coronavirus tout à basculé. Plus de touristes pour rejoindre la station de ski des 7 Laux à quelques kilomètres de là, plus de vacanciers pour savourer la quiétude de ce site de montagnes escarpées, vertigineuses et belles à souhait.

L'Aubergerie

Comme tous les restaurants, les hôtels ou les gîtes du coin, l'Aubergerie s'est refermée sur elle-même. Normalement, en pleine saison, les chambres résonnent des vacanciers en familles qui viennent se calfeutrer dans cette grande maison typique toute en pierre, souriante et chaleureuse. Aujourd'hui, c'est le grand vide, l'auberge est silencieuse et déserte.

Thomas Sibille, le patron, a dû se résoudre à faire toutes les démarches administratives pour congédier son personnel, la boule au ventre. Banquier, comptable, administration, de coup de fil en coup de fil, il s'est déclaré en cessation d'activité, mettant tous ses employés en chômage partiel. "Curieusement, tout s'est plutôt bien passé, j'ai même eu l'impression de bienveillance avec la banque, comme s'il elle comprenait qu'on était tous sur le même bateau".
 

Autre bonne surprise, le cuistot, la serveuse et le reste du personnel n'ont pas souhaité quitter la vallée pour se confiner. Tout le monde est resté sur place pour vivre ce moment étrange comme en famille. Solidarité.

Aujourd'hui, c'est le grand vide, l'auberge est silencieuse et déserte. C'est ainsi que tous les jours à midi, ils se retrouvent pour décider des chroniques à mettre en ligne. Des billets d'humeur sonores, qu'ils écrivent au quotidien, sur leur drôle de vie loin du monde, leurs ressentis, leurs joies, leurs peines.

La louve

Elle a pointé son nez alors que la petite équipe était en conférence de rédaction, ce dimanche 22 mars 2020. Discrète, mais pas trop non plus. Errante, mais peu craintive, elle s'est laissée filmer et photographier. Une louve malingre, presque chétive et galeuse.

Ce n'est pas la première fois qu'elle rôde dans les parages, elle fait partie d'une meute connue dans le secteur. L'an passé, on avait retrouvé le cadavre d'une de ses congénères, morte, elle aussi en piteux état. "La vallée est très calme en ce moment, souligne Thomas, il n'y a pratiquement plus de voitures et les animaux sortent plus facilement du bois."
 

Cette apparition furtive fera bien sûr l'objet d'un article sonore sur la Web-radio du Haut-Bréda, parce que sa vocation est de “Faire entendre ce qui ne se voit plus.” Ainsi va la vie dans cette vallée perdue qui ouvre les yeux et les oreilles pour conter et raconter, et surtout, partager. Leur façon à eux de combattre le "Coronavilain" comme ils disent.

 

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