Militaires tués au Mali : REVOIR la conférence de presse du commandant de la 27ème brigade de montagne

Le général Givre, commandant la 27e brigade d'infanterie de montagne, doit s'exprimer après la mort de 13 militaires tués au Mali / © FTV.
Le général Givre, commandant la 27e brigade d'infanterie de montagne, doit s'exprimer après la mort de 13 militaires tués au Mali / © FTV.

Ce mardi 26 novembre à 16h30, le Général Givre, commandant la 27ème brigade d’infanterie de montagne, a pris la parole dans le cadre d'une conférence de presse à propos du décès de six militaires de sa brigade, tombés lors d’une opération anti-terroriste au Mali.

Par Xavier Demarquay

Lundi 25 novembre, treize militaires français de la force Barkhane ont été tués lors d’une collision entre deux hélicoptères. Ils participaient à une attaque contre des djihadistes, dans la région de Ménaka, au nord-est du Mali.

Parmi eux, six soldats étaient sous le commandement de la 27ème brigade d’infanterie de montagne, stationnée à Varces, en Isère. Le commandant de cette force armée d’élite, le Général Pierre-Joseph Givre, s'est exprimé lors d'une conférence de presse, à 16h30, à la caserne de Varces.
 


Voici les princiaples déclarations du Général Pierre-Joseph Givre


"Les hommes étaient au Sahel depuis fin septembre. Pour la plupart d’entre eux, ils en étaient à au moins deux mandats commandos. Certains étaient même à trois mandats commandos au Mali. Le sergent-chef Jouk avait fait un mandat en Afghanistan.

A la fin du mois d’octobre, nous avions 1500 hommes qui étaient déployés. Maintenant tout le monde est rentré, nous n’avons plus qu’une quarantaine de commandos qui sont là-bas sur toute l’année, par rotation de quatre mois. Les prochains se préparent à partir au mois de janvier.


"L'obscurité était quasi totale"


Concernant les circonstances de l'accident, on était dans la nuit noire, l'obscurité était quasi-totale. Les hommes étaient équipés d’appareils de vision nocturne. Les accrochages avaient lieu au sol, donc les hélicoptères étaient venus en appui des commandos parachutistes. Ils avaient embarqué avec eux une équipe du commando montagne au cas où.

Il semblerait que dans le cadre d’une manœuvre d’évitement d’une zone réservée pour d’autres tirs, il y ait eu l’abordage entre les deux hélicoptères. Il y avait des combats au sol, mais on ne pense pas qu’ils aient été touchés par des tirs ennemis. C’est dans le cadre de la manœuvre d’aérocombat qu’il y a eu cette collision.

[...]

Au sein du commando, tout le monde a des compétences communes. Ils avaient un spécialiste pour les réglages de tirs d’artillerie et de la coordination des feux, le sergent-chef Jouk spécialiste du génie. Il était en capacité de neutraliser par exemple un objet explosif improvisé.


40 commandos au Mali


Ce commando est complètement interarmes, c’est-à-dire que les hommes sont recrutés dans chaque corps de la brigade de montagne. Au total on a 200 commandos disponibles en permanence, dont les 40 engagés par rotation au Mali.

Nos commandos sont comme nous tous touchés. C’est leurs camarades. Certains les ont vus partir. Et puis surtout, ce sont nos commandos montagne qui sont allés sécuriser la zone et ramassé les corps de leurs camarades, puisque le commando de parachutistes était engagé au combat. 

Ce type d'accident est rare depuis quelques années, mais c’est malheureusement déjà arrivé. Je me souviens de 1970, un hélicoptère s’était écrasé en Bavière, il y avait eu 9 morts. En 1995 également, 9 sapeurs de tués. 


"La mission se poursuit car il y a trop à faire"


La famille de l’équipe de montagne est clairement endeuillée. La mission se poursuit, même diminuée, car il y a trop à faire. Ils vont se faire un honneur de poursuivre. Ils sont suffisamment solides et résilients pour le faire. C’est notre métier.

Maintenant il est certain qu’on est très attentif. On suit les soldats individuellement et systématiquement. On le fait sur le théâtre de guerre, comme à leur retour. Ils ont vu la mort, chez l’ennemi, sur d’autres soldats français, dans la population. On ne sort jamais indemne de la guerre, même si on est très aguerri et très formé. Le service de santé des armées nous aide à les accompagner.

Je souhaite que l’hommage soit fait dans chaque garnison. La fraternité d’arme se fait d’abord avec le chef de corps et avec les camarades. Cette identité nous permet de dominer la peur, d’aller de l’avant, de se souvenir, de se dire que la vie et les missions continuent."


 

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