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Glyphosate : 31 Isérois “contaminés“ déposent plainte pour ”mise en danger de la vie d'autrui”

A Saint-Marcellin, 31 personnes ont porté plainte contre l'Etat et Monsanto après la découverte de glyphosate dans leurs urines. / © Nathalie Rapuc / France 3 Alpes
A Saint-Marcellin, 31 personnes ont porté plainte contre l'Etat et Monsanto après la découverte de glyphosate dans leurs urines. / © Nathalie Rapuc / France 3 Alpes

Une trentaine de nouvelles plaintes viennent d'être déposées contre le fabricant du glyphosate, Monsanto, à Saint-Marcellin (Isère), samedi 27 juillet. S'estimant "contaminés", les plaignants rejoignent la campagne nationale qui fédère plusieurs milliers de personnes.

Par M.D. avec Anne Hédiard

Les Isérois rejoignent la croisade contre le glyphosate qui anime des milliers de personnes depuis le début de l'année. A Saint-Marcellin (Isère), 31 personnes ont déposé plainte contre l'Etat et le fabricant de l'herbicide, samedi 27 juillet, pour "mise en danger de la vie d'autrui", "tromperie aggravée" et "atteinte à l'environnement". En cause : la découverte de traces de glyphosate dans leurs urines, un "poison" dont ils ne veulent pas dans leur organisme.

"Notre taux moyen de glyphosate, 1,58 ng, est supérieur à la moyenne nationale de 1,15 ng/ml qui a été calculée à ce jour", écrivent les "pisseurs de glyphosate" dans un communiqué. La trentaine de plaignants a effectué des analyses d'urine le 14 juin, tous ont reçu des résultats positifs avec des taux variant entre de 0,420 nanogramme de glyphosate par millilitre d'urine à 3,227 ng/ml.
 

Le glyphosate,  désherbant "à large spectre" produit par la firme Monsanto, a été classé comme "cancérogène probable" en mars 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), dépendant de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Un verdict battu en brèche huit mois plus tard par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) qui estimait "improbable" qu'il présente un danger cancérogène pour l'homme.  Mais des scientifiques et ONG ont dénoncé une évaluation "biaisée" car basée sur des rapports fournis par les industriels.

 

2 000 procès en préparation


Pour leur part, les plaignants estiment que l'herbicide est "un produit toxique voire cancérigène, qui n’existe pas à l'état naturel" et parlent de "contamination généralisée". Ils constatent également des variation de taux en fonction du sexe : les hommes présentent des taux plus élevés que les femmes. "Pour autant, nous n’avons aucune explication immédiate à donner sur les disparités de taux constatées : le lieu d’habitation, le poids, l’âge ne nous permettent pas de tirer de conclusions", expliquent-ils.

Au-delà de l'herbicide produit par Monsanto, les 31 Isérois dénoncent l'omniprésence des pesticides en tout genre : "Il n'y a pas de dose acceptable : nous sommes là pour dire que ne voulons pas de ces poisons, ni dans l'eau, ni dans l'air, ni dans les sols, ni dans nos aliments. La norme doit être 0."
 

Soutenus juridiquement par l'association "Campagne Glyphosate", cette action vient se greffer à une campagne nationale lancée sous le nom : "J'ai des pesticides dans mes urines et toi ?". Le collectif estime qu'environ 2 000 procès seraient en préparation en France contre le glyphosate et que 4 000 personnes auraient effectué ces analyses d'urine, facturées en tout 135 euros par personne. Face à ce mouvement national, le gouvernement a annoncé le lancement d'une étude déterminant la dangerosité ou non de l'herbicide. Les résultats ne seront pas connus avant 2021.

 

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