8 mois avec sursis requis contre Guillotin, relaxe pour Gavat, “ex” de la PJ de Grenoble

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Gilles Guillotin et Christophe Gavat, les 2 anciens policiers de la PJ de Grenoble ont témoigné hier à la barre dans ce qu'on appelle "l'affaire Neyret". Relaxés en 1ère instance, ils comparaissaient en appel pour "trafic de stupéfiants, détournements de scellés, association de malfaiteurs"

Par I.G avec AFP

Une peine principale de quatre ans de prison dont 18 mois avec sursis a été requise  ce mardi 10 avril à l'encontre de l'ex-star déchue de la police, Michel Neyret, qui était rejugé devant la cour d'appel de Paris, notamment pour "corruption".

Un anti-modèle pour les jeunes générations"

Pour l'avocat général, Jean-Christophe Muller, "Michel Neyret a dans cette affaire non seulement brisé sa vie et sa carrière mais aussi abîmé l'image de la police" et "créé une sorte d'anti-modèle pour les jeunes générations de fonctionnaires".

L'avocat général a assorti sa peine, identique à celle requise en première instance, d'une amende de 15.000 euros et de cinq ans d'interdiction des droits civil, civique et de famille. Le prévenu ayant déjà effectué 8 mois de détention provisoire, il pourra bénéficier, si la cour suit le ministère public, d'un aménagement de peine qui lui évitera de retourner en prison.

La justice reproche à Michel Neyret d'avoir fourni des informations confidentielles à des membres du milieu Lyonnais, présentés comme des "indics", en échange d'avantages, de cadeaux et d'argent liquide, et d'avoir prélevé sa dîme sur une saisie de stupéfiants pour rétribuer des informateurs.

En première instance, l'ancien numéro 2 de la PJ de Lyon avait été condamné à deux ans et demi de prison ferme, une peine équivalente aux réquisitions du parquet qui avait cependant fait appel, notamment en raison de la relaxe du policier pour les faits d'association de malfaiteurs.

Après 32 ans de carrière, Michel Neyret, adulé par ses équipes et ses supérieurs et décoré de la légion d'honneur pour ses résultats, était une légende au moment de sa chute.



Relaxés en première instance, les deux policiers de l'antenne de Grenoble avaient tout à perdre dans ce nouveau procès en appel. Les deux hommes ont toujours nié les faits, expliquant "qu'ils avaient seulement fait croire à l'ancien patron des flics de Lyon, qu'ils respectaient ses consignes".

Les écoutes téléphoniques, réalisées pendant l'enquête laissaient entendre que le commandant et son adjoint de l'époque avaient détourné de la drogue pour rémunérer des "indics" sur demande expresse du Lyonnais.

Ils ont toujours affirmé avoir subi une grosse pression de sa part, et Michel Neyret a d'ailleurs reconnu leur avoir demandé de détourner de la drogue.

© France 3 RAA
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Il n'y a pas de scellés, il n'y a pas d'éléments objectifs dans le dossier"


"Il n'y pas pas d'objets, il n'y pas pas de scellés, il n'y a aucun élément objectif dans le dossier de l'accusation" a plaidé leur défense.


Toutefois, ce mardi ,l'avocat général a réclamé une peine de 8 mois avec sursis à l'encontre du commandant Gilles Guillotin qui avait bénéficié d'une relaxe en première instance, alors que dix mois avec sursis avaient été requis.

Il a en revanche jugé la situation différente pour le commissaire Gavart, contre lequel il n'a pas réclamé de peine. Huit mois avec sursis avaient été requis en première instance contre le policier, qui avait au final bénéficié d'une relaxe.

Le jugement sera mis en délibéré.


Deux flics, deux livres

Gilles Guillotin, ancien n°2 de la PJ grenobloise, avait, en avril dernier, dans un livre intitulé "Le bal des hypocrites", dénoncé l’hypocrisie qui entourait ce retentissant dossier de corruption policière et parlait de son amertume d’avoir dû abandonner sa passion après 33 ans de service.

Christophe Gavat a aussi écrit un ouvrage sur son expérience: "96 heures". Il y raconte son passage en garde à vue, lui qui était entré dans la police pour "aider les autres" et "par goût de l'action", il disait avoir le sentiment que ses 25 années de policier avaient été "rayées d'un trait" et d'être réduit au statut de "voyou".







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