Accusations d'islamophobie à Sciences Po Grenoble : les deux enseignants placés sous protection

Les deux enseignants visés par des accusations d'islamophobie à l'Institut d'études politiques (IEP) de Grenoble font l'objet de mesures de protection susceptibles d'être renforcées, a déclaré ce lundi 8 mars le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin en déplacement dans l'Allier.

Des collages ont été placardés sur le campus de Sciences-Po Grenoble après la polémique sur les accusations d'islamophobie envers des enseignants.
Des collages ont été placardés sur le campus de Sciences-Po Grenoble après la polémique sur les accusations d'islamophobie envers des enseignants. © France 3 Alpes

Les deux enseignants visés par des accusations d'islamophobie à l'Institut d'études politiques (IEP) de Grenoble font l'objet de mesures de protection susceptibles d'être renforcées, a déclaré le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin en déplacement ce lundi 8 mars à Gannat dans l'Allier.

Avec la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal, "nous avons fait contacter aujourd'hui (lundi) les deux enseignants (...). Des mesures de protection sont prises. Je ne voudrais pas les détailler ici, ne serait-ce que parce qu'elles doivent être discrètes", a indiqué le ministre à la presse.

M. Darmanin a ajouté avoir demandé à ce sujet lundi matin une "évaluation par la cellule Uclat (Unité de coordination de la lutte antiterroriste), c'est-à-dire ceux qui évaluent les dangers qu'il y a sur les personnalités". Si cette évaluation "démontre qu'il y a un danger particulier", les deux enseignants "seront - évidemment il faudrait qu'ils l'acceptent - protégés par la police personnellement", a-t-il affirmé.

Darmanin "choqué personnellement" par ces accusations

"En attendant cette évaluation, des mesures sont prises pour les protéger" car "chacun dans ce pays doit pouvoir être protégé par la République lorsqu'il est mis en accusation", selon lui. Une enquête pour "injure publique" et "dégradation" a été ouverte par le parquet de Grenoble après un collage d'affiches jeudi à l'entrée de l'IEP sur lesquelles on pouvait lire : "Des fascistes dans nos amphis. L'islamophobie tue", avec les noms de ces deux professeurs.

"Ce ne sont ni les réseaux sociaux, ni les vindictes publiques mettant en danger les personnes, qui font la loi", a assuré M. Darmanin, disant avoir été "choqué personnellement" par ces accusations. Le ministre de l'Intérieur était en déplacement à Gannat dans l'Allier aux côtés du ministre de l'Agriculture Julien Denormandie pour la sixième table ronde du "Beauvau de la sécurité", consacrée au monde rural.  

De son côté, Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education, s'est déplacé à Grenoble ce lundi. Il a réagi à l'affaire. 

"On ne doit pas sombrer dans des logiques de fatwas, se mettre à jeter l'opprobe sur des gens. Alors même qu'on sait qu'agir ainsi peut contribuer à ce qu'ils soient menacés, il faut être extrêmement rigoureux sur le fait qu'on ne doit pas désigner des gens comme ça a été fait. Ceux qui jouent à ce jeu-là jouent à un jeu dangereux, qui doit être condamné."

Jean-Michel Blanquer

 

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