Le béton fête ses 200 ans. Depuis l’invention du ciment par l’ingénieur grenoblois Louis Vicat en 1817, ce matériau a révolutionné la construction. Pour célébrer ce bicentenaire, l’Ecole Nationale d’Architecture de Grenoble organise des expositions,  des conférences et un colloque les 23 et 24 novembre prochain autour de l’or gris.

De la Casamaures, maison de style orientale construite en béton moulé à Saint-Martin-le-Vinoux jusqu’à l’ornementation du centre-ville haussmannien grenoblois en pierre factice, la présence du béton est partout. Emblématique de ce matériau, la Tour Perret, plus haut édifice construit en béton armé en 1925 à l’occasion de l’exposition internationale de la Houille blanche et du Tourisme au parc Mistral. 

© Frédérique Voisin-Demery/Creative Commons
© Frédérique Voisin-Demery/Creative Commons

 

La Tour Perret

Haute de 90 mètres, la Tour Perret domine tel un phare le cœur grenoblois. Fermé au public depuis 1960, l’ouvrage en béton armé d’Auguste Perret a subi les outrages du temps et la corrosion du fer a fait éclater le béton en surface. Spécialiste du béton, l’historien- enseignant Cédric Avenier et les services du Patrimoine de la Ville planchent actuellement sur la restauration de l’édifice classé monument historique, un chantier estimé à 8 millions d’euros.

Financé par l’Etat, le département, la ville et un appel aux fonds privés, le chantier de réhabilitation est prévu jusqu’en 2021. Il devrait permettre au public de découvrir enfin la vue de la terrasse de cet incroyable édifice, à soixante mètres de haut !

"Tendances béton"-épisode 1

 

© Damien Borelly/France 3
© Damien Borelly/France 3

 

De Thorens-Glières à Grenoble, le béton sous toutes ses formes

Depuis leur agence de Collonges-sous-Salève, en Haute-Savoie, les architectes associés Boris Bregman et Philippe Guyard dessinent des projets dans lesquels le béton tient une place de choix. Dans un département marqué par la construction en bois, ils ont réalisé plusieurs constructions où le béton prédomine. L’une des plus récentes est l’extension de l’ancien presbytère de Thorens-Glières, transformé en maison médicale en 2015.

Autour du jardin du presbytère datant de 1851, ils ont imaginé un mur-ceinture en béton en jouant sur l’aspect brut du matériau auquel ils ont juxtaposé une salle semi-enterrée d’aspect volontairement très épuré pour accueillir les pèlerins qui viennent honorer la mémoire de l’enfant du pays, le théologien Saint-François de Salles. La même année, ils ont recouvert de fines lames de béton la Cité des Territoires qui accueille l’Institut d’Urbanisme et de Géographie Alpine. Deux usages du béton à la fois très différents et très contemporains.


"Tendances béton" -épisode 2

 

© Damien Borelly/France 3 Alpes
© Damien Borelly/France 3 Alpes

 

Pierre-Alain Dupraz, l’architecte suisse qui monte, qui monte…

En Suisse, le béton est ancré depuis longtemps dans la culture locale. Installé à Genève, l’architecte Pierre-Alain Dupraz explore le béton dans des réalisations audacieuses. L’une des plus récentes est l’école enfantine de Prangins (2015), un emboitement de quatre cubes de verre et de béton posés sur un terrain légèrement pentu. 

Très courtisé à Genève où il s’est vu confier l’aménagement de la rade des bords du Léman, des passerelles piétonnes et un futur ensemble de logements, Pierre-Alain Dupraz  vient de remporter le chantier de la future cité de la Musique de Genève, un projet de 230 millions d’euros pour lequel il a "coiffé au poteau" les stars Renzo Piano et Norman Foster.

"Tendances béton" - épisode 3

 

© Damien Borelly/France 3 Alpes
© Damien Borelly/France 3 Alpes

 

Les maisons bulles : une épopée alpine

Dans les années 60, une poignée d’architectes se sont lancé dans la construction de maisons dômes aux formes ovoïdes, baptisées maisons bulles grâce à la technique du voile de béton. Peu coûteuse et peu gourmande en béton, cette technique d’autoconstruction a notamment été utilisée par l’architecte haut-savoyarde Claude Costy. Avec son mari l’architecte suisse Pascal Hausermann, aujourd’hui décédé, ils ont construit plusieurs maisons individuelles dans les Alpes dont leur propre maison sur les ruines d’un ancien presbytère à Minzier.

Claude Costy a également réalisé la construction d’une école publique maternelle à Douvaine en 1976. Véritable école de Barbapa, elle accueille toujours, quarante ans après, des petits écoliers haut-savoyards. Porté par quelques architectes comme Antti Lovag et le savoyard Jean-Louis Chanéac, ce courant architectural a fini par se heurter aux nouvelles règles de l’urbanisme. Il reste un exemple édifiant de la multiplicité des possibilités qu’offre le béton.

"Tendances béton"- épisode 4