"Ça risque d’être un collège poubelle" : à Grenoble, enseignants et professeurs en grève contre la baisse de moyens au collège Lucie Aubrac

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À Grenoble, les professeurs du collège Lucie Aubrac sont en grève ce lundi 23 février. Ils se mobilisent contre la baisse des moyens et craignent que les dispositifs pour aider les élèves les plus en difficulté disparaissent.

Au collège Lucie Aubrac, la semaine a commencé par une mobilisation des enseignants. Devant les grilles de cet établissement classé REP + (réseau d’éducation prioritaire), une vingtaine de professeurs se sont rassemblés pour dénoncent la baisse des moyens alloués par le rectorat. "Ces moyens étaient alloués à des dispositifs d’aide à nos élèves qui sont dans une situation de précarité importante, regrette Rémi Al Atassi, professeur d’histoire-géographie. Les élèves sont pour beaucoup des nouveaux arrivants, avec une scolarité pas forcément dans la durée. Ils ne maîtrisent pas bien le français donc on leur donne des heures de lecture en plus pour arriver au même niveau. Ils sont accompagnés en classe dans des matières qu’ils n’ont pas eues dans leurs pays d’origine pour se mettre au niveau. Et tout ça, ce sont des dispositifs qui risquent de disparaître".

Le rectorat de l’académie de Grenoble a décidé de retirer au moins 23 heures de cours hebdomadaire à ce collège. Cette décision inquiète aussi les parents d’élèves, qui étaient présents ce lundi matin sur le parvis de l’établissement. "Ces moyens sont ultra nécessaires à la vie du collège. Si on les enlève, Lucie Aubrac risque d’être un collège poubelle, prévient une maman. C’est toute la vie du quartier qui va en pâtir. Quand on nous dit que c’est une mesure égalitaire, je trouve que c’est une formule abusive, voire malhonnête". "Il y a une super équipe éducative et beaucoup de travail qui est fait pour l’éducation, renchérit un autre parent. Et ça, c’est fait grâce aux moyens supplémentaires délégués ici".

Selon les enseignants, ces moyens servaient notamment à assurer plusieurs dispositifs de suivi individualisé des élèves, comme des ateliers lectures, des préparations supplémentaires au brevet ou encore du soutien en mathématiques et français pour les élèves allophones. Mais ils servaient aussi à mettre en place des classes à horaires aménagés pour le théâtre, le latin et la chorale.

"Non à la suppression des moyens en REP +"

Le collège Lucie Aubrac n’est pas le seul établissement concerné par cette baisse de moyens. Le collège Vercors, situé dans le quartier Tesseire, est lui aussi classé en réseau d’éducation prioritaire. Les professeurs, comme Soundouce Khatal, vont débuter une grève demain.

"Nous aussi on a eu une coupe franche de notre dotation horaire, on a perdu 25 heures cette année, donc on vient défendre nos projets et nos dispositifs. Ces moyens nous permettent de faire des demi-groupes dans les classes pour faire des expériences en sciences, ou encore d’aider les élèves non francophones pour rattraper le niveau. On a le sentiment qu’on veut nous faire passer le message que les établissements prioritaires sont comme les autres. On veut tout uniformiser, mais nos élèves ne sont pas tous pareils, ils ont besoin d’accompagnements spécifiques" argumente cette professeure d'anglais au collège Vercors.

Le rectorat conteste

Contacté par France 3 Alpes, le rectorat conteste les éléments donnés par les professeurs. Selon Patrice Gros, le directeur académique de l’Isère, le collège Lucie Aubrac perdra l’équivalent de 10 heures de cours. Il justifie cette baisse de la dotation horaire par une diminution du nombre d’élèves l’année prochaine. "Tous les dispositifs propres aux REP + seront maintenus dans ce collège" assure-t-il.

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