Coronavirus : une chorale virtuelle à Grenoble pour venir en aide aux sans-abris de la Fondation Abbé Pierre

C’est une des images que l’on gardera du confinement. Des concerts et des clips sous forme de mosaïque, par centaines sur internet. Une chorale virtuelle grenobloise utilise ce moyen de diffusion pour collecter des dons en faveur des précaires.

Le Grenoble Virtual Collective a été créé début avril au début du confinement.
Le Grenoble Virtual Collective a été créé début avril au début du confinement.
C’est ainsi qu’ils ont continué à exister et à se rendre visibles du public. A l’arrêt brutal des concerts et des sorties d’albums, les artistes ont multiplié les interventions sur internet. Une façon de garder le lien avec le public, de rester créatifs, de se serrer les coudes en se rassemblant. Certains ont aussi lancé des appels aux dons.

Début avril, la chorale Grenoble Virtual Collective a été créée en ce sens, et le clip "Free",  publié sur Youtube la veille du déconfinement pour célébrer la liberté retrouvée. 

Le projet lancé, une soixantaine de vidéos tournées chacun chez soi ont été montées pour donner un clip vu plus de 2500 fois en 15 jours. Une trentaine d’artistes grenoblois ont participé à cette initiative. Il s'agit de chanteurs issus de différents groupes. 

Chacun a fourni deux vidéos, une pour la voix "lead" et une pour la voix de choeur. 
 
Au-delà de la bonne humeur communicative du morceau, il s’agit d’un réel appel à solidarité. Pas pour ces artistes, qui pourtant ont été précarisés par le confinement. Le collectif a lancé une collecte sur son compte Facebook pour venir en aide aux sans-abris de la Fondation Abbé Pierre.

La collecte se fait via le compte facebook de la chorale virtuelle, l'argent est directement versé dans les caisses de la Fondation. 

Parmi les artistes grenoblois, vous reconnaîtrez Anaïs d'Aamiral, Hina du Grenoble Gospel Singers, Benny de Maya Kutsi, Lulu de Blys, Cindy des Picky Banshees ou encore Déborah et Romain de Lamuzgueule. 
 



Une initiative du groupe grenoblois Lamuzgueule


S’ils n’aiment pas être mis en avant, les membres du groupe electro funk Lamuzgueule sont pourtant à l’origine de cette initiative. Le groupe s'est toujours investi pour les plus démunis. En 2017, il a donné un concert à la Bastille pour collecter des fonds destinés au Samu social, et au Jardin de ville pour soutenir la librairie Arthaud au moment de sa liquidation il y a quelques années. Ils ont aussi participé au festival "Le Berry a du coeur" (en faveur des Restos du coeur) et au festival "Solidays"

"On voulait faire quelque chose de bien pour les autres", explique Romain, l'un des chanteurs. Avec Déborah, l'autre voix de Lamuzgueule, ils ont aussi lancé le projet pour travailler avec des artistes "qu'ils croisent souvent dans les festivals, qu'ils apprécient mais avec lesquels ils n'avaient jamais le temps d'organiser quoi que ce soit". 

 

Une situation difficile pour les artistes 


Au début du confinement, les dates se sont annulées une à une pour les artistes. Et malgré l'année blanche accordée aux intermittents du spectacle, la situation reste pour eux très incertaine. Les membres de Lamuzgueule ne savent pas encore ce qu'il va advenir des 35 dates de leur tournée estivale. Ils vivent de leurs concerts et des CDS qu'ils y vendent. 

Ils ont profité du confinement pour finaliser leur dernier album. Tourner des clips de confinement, aussi, des morceaux issus de leur album de reprise. Ils ont travaillé chacun de leur côté, "par petits bouts", et en mode zoom. "Bien pratique pendant ces deux mois", raconte Romain, mais ils ne pensent pas réitérer à présent qu'ils peuvent enfin répéter pour de vrai, à trois et bientôt à cinq. 

Leurs répétitions à La Bobine devraient reprendre mi juin. 

Ils fêteront leurs dix ans avec une grande tournée en 2021. 
  

Des chorales virtuelles partout dans le monde


Début mai, Radio France et le Théâtre du Châtelet ont lancé l'opération "Le temps d'une chanson" adressée aux choristes amateurs. L’idée est de rejoindre une chorale virtuelle autour de la chanson « La Javanaise » de Serge Gainsbourg.

Précurseur en la matière, le célèbre compositeur américain de musique orchestrale Eric Whitacre a créé il y a 10 ans un chœur virtuel : le « Virtual choir ». Sur ses réseaux sociaux, il vient de présenter la première page d’une nouvelle pièce pour chœur : « Sing Gently ». Tout le monde peut participer, il suffit de se rendre à l’adresse virtualchoir6.com.  

La chorale parisienne Meet and sing a également repris « Fix it » de Coldplay sur internet, en hommage au personnel soignant.

Cette façon de se retrouver à plusieurs sur internet est devenue un phénomène de société, apéro, cours de yoga, réunions de famille… Symbole de notre vie en période de confinement et même encore aujourd’hui avec les restrictions kilométriques.

 
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