Coronavirus : un marché avec moins de vendeurs à Grenoble, et pendant ce temps, les supermarchés "se gavent"

Publié le Mis à jour le
Écrit par Cédric Picaud

Interdits en France depuis mardi, les marchés ouverts de Grenoble peuvent continuer sous certaines conditions, grace à une dérogation. Sur celui de l’Estacade, les nouvelles règles ont largement réduit l’activité.

Sept étals seulement. Ce vendredi matin, les commerçants sont presque dix fois moins nombreux que d’habitude à l'Estacade, l’un des plus grands marchés de Grenoble. Face à la crise du COVID 19, ils ont dû se plier aux règles de la Préfecture pour bénéficier d’une dérogation : pas plus de cinq marchands par secteur,  minimum cinq mètres de distance entre chacun et 50 clients au maximum présents simultanément sur les lieux.
 
Devant les étals, les queues sont matérialisées avec des rubalises. Des marquages ont été peints au sol : un mètre entre chaque personne. Loin de l’affluence habituelle, la clientèle est clairsemée. Mais elle est disciplinée. Chez le plus gros primeur du marché, un agent de sécurité veille, tranquillement, au respect des distances.
 


En face, les clients saluent le charcutier. « On est content de vous voir ! » Il leur explique qu’il ne sait pas quand il reviendra. « Ils m’ont rappelé pour venir aujourd’hui, mais je n’ai bientôt plus assez de stock ». Désormais, les commerçants devront alterner leur présence pour être cinq maximum sur le marché. Et ce nouveau rythme s’avère difficile à assumer.
 

« Un ou deux marchés par semaine, ce n’est pas assez »


« On a dû s’adapter et réorganiser notre production à la ferme. Mais certains n’auront pas cette capacité. » Laurent Rosset-Caillet redoute les conséquences de l’épidémie de COVID 19, notamment chez les producteurs. Le fromager fait habituellement une dizaine de marchés hebdomadaires dans la région grenobloise. Désormais, il n’en a plus que deux. « Un ou deux marchés par semaine, ce n’est pas assez ».
 


Un peu plus loin, Jeannot présente ses produits du Gard et du Vaucluse. Fraises, tomates, asperges : « Avec le beau temps, tout pousse en ce moment ! » En faisant quelques rabais aux rares clients, Jeannot plaint les maraîchers en panne de débouchés. Il peste contre les restrictions qui pèsent sur les marchés. « On veut nous empêcher de déballer, mais pendant ce temps-là, les grandes surfaces, elles restent ouvertes. Et elles se gavent ! ».