Couvre-feu à 18h : les agents de sécurité, victimes collatérales de la fermeture anticipée des magasins

Avec la fermeture des magasins à 18h et l’annulation de tous les évènements, les agents de sécurité sont touchés de plein fouet par la crise du Covid-19. Nouveaux horaires, baisse des rémunérations : ces travailleurs précaires sont contraints de se réorganiser.

Cet agent de sécurité perd deux heures de salaire chaque jour à cause du couvre-feu à 18h.
Cet agent de sécurité perd deux heures de salaire chaque jour à cause du couvre-feu à 18h. © M. Nadal / France 3 Alpes

"Bonjour, je vous laisse mettre du gel hydroalcoolique s’il vous plaît". Cette phrase, Lyes Benyahia la répète inlassablement depuis le début de la crise sanitaire. Agent de sécurité dans un centre médical à Grenoble, il accueille et surveille les visiteurs qui se présentent à l’entrée.

Mais depuis la mise en place du couvre-feu à 18h, le centre ferme plus tôt que d’habitude et Lyes travaille deux heures de mois chaque jour. Cela représente plus de 16 euros quotidiens perdus.

"Oui bien sûr, ça fait la différence à la fin du mois. Surtout qu’on est un métier plutôt précaire, on n’a pas des salaires très importants, reconnaît l’agent de sécurité. On essaye de compléter avec d'autres sociétés. Moi personnellement je ne le fais pas mais j'ai des collègues qui le font parce qu’ils ont des familles, des charges à payer, ils ne peuvent pas se permettre d’avoir un salaire plus bas que d'habitude".

Avec de nombreuses annulations d'événements et des mesures restrictives comme la fermeture anticipées des commerces, les agents de sécurité sont directement touchés par la crise sanitaire.

 

Des annulations de contrats en cascade

Mahboub Guatnaoui, le patron de Lyes, fait face chaque semaine à de nouvelles annulations. "On vient de nous annuler la semaine du 2 au 6 février, soupire-t-il en raccrochant le téléphone. Encore une semaine annulée à cause du confinement ! Plus beaucoup de monde ne se déplace dans les magasins, du coup ils annulent la présence de l'agent de sécurité".

Gérant de l’agence Axio Sécurité, il a dû lui aussi s'adapter pour permettre à ses employés de ne pas se retrouver au chômage : "On a dû trouver de nouveaux marchés, des clients où ils (les agents de sécurité, NDLR) peuvent être repositionnés".

A cause du couvre-feu, plus d'un tiers de ses 30 salariés subi une perte d’heures travaillées. Mahboub Guatnaoui redoute la mise en place d'un troisième confinement, qui aggraverait encore la situation de ces agents de sécurité.

 

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