Covid-19 : face à la crise, la Sémitag va-t-elle réduire son offre de transports dans la métropole de Grenoble ?

Des représentants syndicaux de la Sémitag craignent une réduction de l'offre de transports dans la métropole de Grenoble du fait de la crise sanitaire et du manque à gagner accusé par le réseau. Aucune décision ne semble arrêtée mais cette hypothèse est à l'étude pour limiter les pertes.

Des usagers masqués dans le tramway à Grenoble, le 11 mai 2020.
Des usagers masqués dans le tramway à Grenoble, le 11 mai 2020. © Franck Medan/Wostok Press

La cadence des bus et tramways pourrait être revue à la baisse pour les prochains mois dans la métropole de Grenoble. Des représentants syndicaux de la Sémitag - réseau de transports en commun de l'agglomération grenobloise - alertent sur une possible baisse de l'offre de transports à cause des pertes accumulées depuis le début de la crise du Covid-19.

En 2020, le réseau accuse un déficit de 12 millions d'euros. Et ce manque à gagner pourrait s'élever à 15 millions d'euros cette année si aucune mesure n'est prise. Un trou dans la caisse que le Smmag - chargé d'organiser les mobilités dans l'aire grenobloise, le voironnais et le Grésivaudan - envisagerait de colmater en réduisant la cadence des transports.

Le syndicat Force ouvrière a envoyé un courrier à son nouveau président, Sylvain Laval, mardi 19 janvier pour faire part de ses inquiétudes. "Nous sommes convaincus que cette position est une grave erreur stratégique qui aura des conséquences négatives sur le devenir du réseau Sémitag et ses salariés", peut-on lire dans ce document. A ce jour, Sylvain Laval ne confirme pas qu'une telle décision ait été actée.

"Nous sommes dans une situation compliquée à cause de la crise sanitaire, affirme-t-il, avec une baisse de la fréquentation qui atteint 50%." Le président du Smmag reconnaît que la réduction de l'offre est "une question qui se pose" car la Sémitag risque de se retrouver "en situation de faillite si nous ne faisons rien." Disant comprendre l'inquiétude des salariés face à cette "équation complexe", il souhaite "enclencher le dialogue" sur ce point pour trouver des solutions "soutenables financièrement".

 

"Donner de la visibilité aux usagers"

Le directeur général du réseau de transport grenoblois, Philippe Chervy, confirme que la réduction de l'offre, de l'ordre de 10% à 15%, fait partie des "hypothèses de travail pour maintenir une offre correcte tout en faisant des économies". L'idée serait de proposer une grille fixe jusqu'en juin, compatible avec les aléas sanitaires, pour "donner de la visibilité aux usagers comme aux salariés" sans opter pour une desserte "a minima". Les élus du Smmag doivent encore trancher sur ce point.

Mais cette réduction de la cadence irait de pair avec un recours au chômage partiel plus élevé, convient M. Chervy. Ce qui fait craindre des suppressions de postes aux représentants syndicaux. "Ce n'est pas à nous d'assumer les conséquences de la crise sanitaire alors que notre rythme de travail est déjà monté en régime depuis plusieurs mois", estime Fernando Martins, secrétaire général de FO à la Sémitag, qui plaide pour un maintien de l'offre de transports actuelle au risque de perdre des usagers.

Le prochain conseil social et économique de la Sémitag doit avoir lieu ce vendredi. FO défendra le maintien d'une offre "maximale et régulière, quoi qu'il en coûte" quand la direction devrait faire valoir une réduction des coûts pour assurer, selon Sylvain Laval, "la survie de la Sémitag".

 

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