Déconfinement à Grenoble : ils ont abandonné la voiture et les transports en commun pour le vélo

Avec le déconfinement, le vélo pourrait prendre une place encore plus importante à Grenoble. Pour se déplacer, certains ont définitivement abandonné les transports en communs ou la voiture. Témoignages.

En 2019 à Grenoble, 15% des déplacements domicile-travail se faisaient à vélo.
En 2019 à Grenoble, 15% des déplacements domicile-travail se faisaient à vélo. © Loïc Bois
En temps de confinement, le vélo était roi. En temps de déconfinement, il confirme son titre. De la rive gauche de l’Isère en passant par la rue de Bonne, les cyclistes se multiplient dans la capitale des Alpes ces derniers mois.

Sacrée « capitale du vélo » en février dernier par la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB), Grenoble est un modèle en France. Pour favoriser ce mode de déplacement, 18 kilomètres de pistes cyclables ont été créés, le temps du déconfinement. Appelés « TempoVélo », ils ont pour objectif de « limiter les déplacements en transports en commun et éviter que les Grenoblois ne prennent leur véhicule » détaille Emmanuel Colin de Verdière, président de l’association cycliste ADTC Grenoble.
   

"C’est moins de contamination et moins anxiogène"


Laurie Callier ne jure que par la bicyclette. « J’ai complètement arrêté la voiture il y a trois ans et ça fait dix ans que je me déplace en vélo. Et encore plus maintenant avec les nouvelles lignes de vélo ! On peut pédaler jusqu’à Meylan, Saint-Egrève, Pont-de-Claix… » Avec le confinement puis le déconfinement, cette institutrice de 34 ans se sent plus en sécurité en évitant les bus et tramways. « C’est moins de contamination et moins anxiogène » précise-t-elle.

Cette appétit grandissant pour la bicyclette, Emmanuel Colin de Verdière le perçoit bien. « On ne peut pas le chiffrer pour l’instant, mais il y a une forte demande auprès des réparateurs de vélo. Et on sait qu’il y a plus de vélos dans les caves des Grenoblois que de voiture dans leurs garages. »

Un engouement qui s’explique en partie par l’aide du ministère de la Transition écologique et solidaire. Le 29 avril, il avait annoncé "un plan vélo" de 20 millions d’euros pour encourager cette pratique pendant le déconfinement. Parmi les mesures présentées, un forfait de 50 euros pour la remise en état (changement de chaîne, frein, pneu, dérailleur…) des machines.
 
« C’est cool de voir plus de cyclistes » s'enthousiasme Loïc Bois. Le jeune photographe amateur observe « une forme de prise de conscience environnementale avec le confinement. » Un monde d’après où la réduction de la pollution deviendrait l’enjeu premier ?

« C’est un déclencheur qui permet de repenser ses déplacements, mais les mauvaises habitudes reviennent vite, la voiture est culturellement ancrée » nuance Olivier François. A 60 ans, ce directeur informatique a vu évoluer l’aménagement de la ville et la place donnée aux vélos. « Il faudrait encore lutter contre les vols, augmenter les rues piétonnes, le nombre d’arceaux pour accrocher les vélos… Il y a du progrès. »

 
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