Le Département de l'Isère soutient l'AGDUC pour la reprise du Groupe Hospitalier Mutualiste de Grenoble

Salariés et usagers lors d'une manifestation pour défendre le statut non-lucratif du GHMG le 30 janvier 2020 / © Jean-Christophe Pain - France 3 Alpes
Salariés et usagers lors d'une manifestation pour défendre le statut non-lucratif du GHMG le 30 janvier 2020 / © Jean-Christophe Pain - France 3 Alpes

Parmi les trois repreneurs potentiels du GHM de Grenoble, le Département de l'Isère déclare son soutien à l'association AGDUC. "Un candidat local, sérieux et fiable" selon Jean-Pierre Barbier. "C'est le seul projet capable de garantir le statut de service public hospitalier non-lucratif". 

Par Jean-Christophe Pain

Dans le délicat dossier de la vente du Groupe Hospitalier Mutualiste de Grenoble, trois candidats restent en lice. Leur identité est encore confidentielle, mais, selon nos informations, il s'agirait des groupes Vivalto, Doctegestio, et de l'association AGDUC.

Début mars 2020, le groupe Adréa, mutuelle majoritaire au sein du Groupe Hospitalier Mutualiste de Grenoble, rejetait l'offre de rachat de la coopérative des salariés et usagers.
 


Ce 19 mai 2020, c'est la candidature d'AGDUC que le Département de l'Isère a décidé de soutenir publiquement.

Pour le président du Département, Jean-Pierre Barbier, il s'agit d'un candidat "local, sérieux et fiable".

Jean-Pierre Barbier développe : "le GHM est un acteur de santé trop important en Isère pour perdre son statut d'Etablissement de Santé Privé d'Intérêt Collectif. Seule l'association AGDUC, dont le siège est à Meylan, et avec laquelle nous travaillons de longue date et dont nous connaissons le sérieux, est capable de garantir ce statut".

"Son projet est le seul en mesure de maintenir le GHM comme un service public hospitalier non-lucratif, garantissant une qualité et une équité de soins à sa patientèle" souligne Jean-Pierre Barbier.

Désormais, Ville et Métropole de Grenoble, Département de l'Isère, salariés et usagers du GHM semblent unanimement d'accord pour soutenir la candidature d'AGDUC.
 
Environ 300 manifestants s'étaient rassemblés devant la Clinique Mutualiste de Grenoble le 30 janvier 2020 / © Jean-Christophe Pain - France 3 Alpes
Environ 300 manifestants s'étaient rassemblés devant la Clinique Mutualiste de Grenoble le 30 janvier 2020 / © Jean-Christophe Pain - France 3 Alpes


"Un nouveau départ très motivant"


Pour le Docteur Nicolas Albin, chef du service de Cancérologie du GHMG, "c'est un nouveau départ très motivant qui semble se dessiner. L'AGDUC agrège dans son projet l'ensemble des demandes qui étaient portées par de nombreux salariés et les usagers.

"Avec l'AGDUC, pas de lucratif, pas de dividendes à des actionnaires, tout est réinvesti dans l'outil de travail s'il y a des bénéfices."

"Le plus important, c'est un projet médical avec l'assurance du maintien des activités, de l'entièreté des activités du GHM. Le groupe ne sera pas découpé en morceaux pour privilégier la rentabilité."

Les organisations syndicales confirment que l'AGDUC semble la meilleure garantie d'un statut non-lucratif à long terme.

Et du côté de la coordination des usagers, l'un de ses porte-paroles, Jean-Philippe Moutarde est très clair : "c'est un acteur sain, associatif, local, de taille humaine, reconnu pour ses qualités de gestion, avec qui on peut discuter".
 


Qu'est-ce que l'AGDUC ?


C'est une association créée en 1975 par deux professeurs de médecine au sein du CHU Michallon à Grenoble.

Pour suivre les insuffisants rénaux à domicile, avant que les hôpitaux ne prennent en charge la dialyse.

En 2010, l'association est devenue Etablissement de Santé Privé à Intérêt Collectif, comme le GHMG. Toujours pas d'actionnaires, mais des administrateurs bénévoles.

Et, dans le Conseil d'Adminsitration, des représentants des usagers, des salariés et des médecins. 

L'AGDUC accompagne aujourd'hui plus de 4 000 patients pour les aider à gérer leur maladie rénale, pour éviter la dialyse autant que possible, en pratiquant des actions de prévention.

L'association emploie 450 salariés répartis sur 17 sites en Rhône-Alpes et PACA.
 
Le siège de l'association AGDUC à Meylan près de Grenoble / © AGDUC
Le siège de l'association AGDUC à Meylan près de Grenoble / © AGDUC


"Des valeurs de service au public"


Pour Pierre Maréchal, directeur général d'AGDUC, la reprise du GHM est motivée par les "valeurs du service au public". 

"Nous sommes empreints de ces valeurs, mais nous avons aussi l'agilité de gestion des établissements privés" déclare-t-il.

"Nous ne souhaitons pas voir le GHM passer sous un statut qui pourrait être lucratif. A l'AGDUC, les excédents vont forcément à ce pourquoi nous avons été créés..."

Pierre Maréchal détaille : "... la prise en charge des patients, l'amélioration de leur cadre de vie dans nos établissements, la proximité de la prise en charge, la qualité de vie de nos collaborateurs. Notre vocation n'est pas la rentabilité, mais l'équilibre". 

Et il conclue : "ce ne sera jamais une absorption, le GHM restera autonome."

 

Prochain épisode en juin prochain


L'AGDUC doit déposer son offre le 29 mai.

Dans son dernier communiqué daté du 24 avril 2020, le Conseil d'Administration de l'Union de Gestion du GHM détaillait le processus de décision final : à la suite de la remise des offres des trois candidats début juin, le Conseil pourra choisir un candidat qui entrera en "négociation exclusive" courant juin, puis son offre sera proposée à une Assemblée Générale Extraordinaire.

Enfin, après les différentes étapes de saisine du CSE du GHM, mais également de l'Autorité de la concurrence et de l'ARS, une décision pourrait être envisagée à la fin de l'été 2020.

 

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