DOCUMENT. Voici le mémoire rédigé par Jacques Chirac après son premier stage à la préfecture de l'Isère

Jacques Chirac a fait son premier stage, alors qu'il était encore étudiant à l'ENA, à la préfecture de l'Isère. / © GEORGES BENDRIHEM / AFP
Jacques Chirac a fait son premier stage, alors qu'il était encore étudiant à l'ENA, à la préfecture de l'Isère. / © GEORGES BENDRIHEM / AFP

Après la mort de l'ancien président de la République Jacques Chirac ce jeudi, le département de l'Isère publie le premier rapport de stage rédigé par l'homme d'Etat en 1957 à l'issue de son expérience (malheureuse) à la préfecture de Grenoble.

Par M.D.

Il n'avait que 25 ans quand, étudiant à l'École nationale d'administration (ENA), Jacques Chirac a effectué son tout premier stage à la préfecture de l'Isère. L'ancien président de la République, qui s'est éteint ce jeudi à l'âge de 86 ans, n'a pas gardé un très bon souvenir de cette expérience.

Dans ses Mémoires, il fait le récit de "six longs mois (...) caniculaires et fastidieux" passés à Grenoble en 1957, notamment à cause d'un "préfet qui ne marque aucun intérêt pour ses stagiaires". De cette "interminable" expérience bureaucratique, celui qui deviendra, une trentaine d'années plus tard, chef de l'Etat, rédige un rapport de stage... qui lui vaudra la pire note de sa promotion.
 

Le sujet de ce document, le "développement économique de l'Isère alpine", ne suscite "aucun émerveillement particulier" chez le jeune Jacques Chirac, confesse-t-il dans ses Mémoires. Mais il y dresse un drôle de portrait de l'Isère des années 1950, décrivant des habitants "qui se caractérisent par une puissance de travail, une opiniâtreté dans la réalisation des buts poursuivis, une ténacité frisant parfois l'entêtement".

Après la mort de celui qui fut élu deux fois président de la République, le Département de l'Isère a rendu public ce rapport de stage d'une quarantaine de pages que nous vous proposons de découvrir ci-dessous. Si le document ne s'affiche pas, cliquez sur ce lien.
 

On peut ainsi lire qu'à la fin des années 50, l'Isère connaissait des hivers froids avec "80 jours de gelée à Grenoble"... plus guère de mise. Mais à l'époque, Chirac ne savait pas encore que la "maison brûl(ait)".

L'énarque relève aussi "une aptitude remarquable à la réussite des entreprises industrielles et commerciales" expliquée par "des dispositions très prononcées pour la technique moderne". Bassin de la houille blanche (l'hydroélectricité), l'agglomération est maintenant connue pour la présence conjointe de recherche (universités, CEA, Synchrotron, etc.) et l'implantation des industries de l'électronique, notamment.

Le jeune Chirac décèle aussi que le tourisme est le secteur de l'économie "promis à l'essor le plus brillant". Et relève déjà que "sauf en Vercors et Chartreuse, les stations de sports d'hiver sont peu fréquentées l'été." "Un effort de propagande judicieuse et un minimum d'aménagements pourraient porter remède à cette situation, l'exemple suisse le démontre", poursuit-il. A l'heure où le changement climatique pèse sur l'avenir de l'or blanc, le diagnostic avait été posé il y a plus de 60 ans. Mais qui lisait alors Jacques Chirac ?

 

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