Grenoble : après deux mois de crise, la métropole élit enfin son exécutif

Après un nouveau conseil marathon, la métropole de Grenoble a enfin pu se doter d'un exécutif. 20 vice-présidents ont été élus hier soir. Mais pour la grande et franche réconciliation, il faudra attendre car les tensions demeurent au sein de la gauche grenobloise. 

Le métropole élit son exécutif le 18 septembre, après deux mois de paralysie politique
Le métropole élit son exécutif le 18 septembre, après deux mois de paralysie politique © Dominique Semet
C'est le résultat d'un vrai exercice d'équilibrisme entre communistes et écologistes d'un côté, socialistes et petites communes, de l'autre : après deux mois de crise, et plus de 10 heures de négociations, un accord a enfin été conclu au sein de la métropole de Grenoble. Vendredi 18 septembre, 20 vice-présidents ont finalement été élus.

La liste a été partagée dans un tweet à l'issue des négociations : 
La métropole faisait face, depuis le mois de juillet, à une véritable paralysie politique. Le président Christophe Ferrari, réélu le 17 juillet face à Yann Mongaburu, plaidait pour une unité de la gauche. Mais l'élu n'avait plus le soutien des communistes et des écologistes, s'estimant trahis par le président qui avait bénéficié du soutien des marcheurs puis de la droite. Et sans majorité évidente, ce dernier ne pouvait faire élire ses vice-présidents. Par ailleurs, les proches d’Eric Piolle réclamaient sa démission.

Hier soir, l'élection a mis fin à cette paralysie mais les tensions demeurent au sein de la gauche grenobloise. 
 

Yann Mongaburu conserve sa place

"Personne n'oubliera. Ça fait partie de notre histoire collective. Mais pour notre part, nous ne dévirons pas de la volonté d'une métropole qui soit ancrée à gauche, écologiste et citoyenne et où la république en marche ne vienne pas déstructurer dans notre territoire les services publics comme elle le fait à l'échelle nationale", a annoncé Yann Mongaburu, vice-président chargé du défi climatique et candidat d'Eric Piolle, qui a sauvé sa place, au cœur des tensions.

Il avait récemment ravivé la polémique sur la gratuité des transports en commun dans un tweet, semblant ainsi venir faire pression, une dizaine de jours avant le conseil métropolitain. 
 

Un accord jugé intenable par la droite

Dans un communiqué, le président Christophe Ferrari se targue d'avoir réussi à "constituer cette majorité de gauche et écologiste, en respectant les équilibres du territoire." Mais les oppositions, elles, s'insurgent contre un accord que le centre comme la droite jugent intenable. "Il ont failli à leurs responsabilités face aux défis qui sont ceux de l'agglomération. Les défis économiques, sociaux, écologiques, d'insécurité, de déplacement. Ils ont préféré se répartir les places et c'est Eric Piolle le premier responsable", estime Alain Carignon, conseiller municipal (LR) à Grenoble et candidats aux dernières élections municipales.

"Je crois que nous sommes tous aujourd'hui très sensibilisés aux questions écologiques, très sensibilisés à l'avenir de la planète mais ce qui s'est joué là, ce n'est absolument pas ça. C'est : "je te prends tel poste pour moi, je te prends tel poste, etc." On est vraiment sur des petits marchandages", regrette de son côté Laurent Thoviste, adjoint au maire (LREM) de Fontaine.
 

Non respect de la parité 

D'autre part, l'opposition pointe du doigt le non-respect de la parité : sur 20 vice-présidents, 13 sont des hommes. "Vous n’appliquez la parité quand vous y êtes obligés" a ainsi soulevé Anne Roche, conseillère métropolitaine de droite. Un état de fait qui peut surprendre, surtout pour une majorité de gauche habituellement très en pointe sur les questions d’égalité femmes/hommes. 

De son côté, la majorité a répondu par une démonstration politico-mathématique : aux dernières municipales, seules 23% des têtes de liste étaient des femmes. Malgré la parité, les hommes continuent donc à jouer les premiers rôles. Résultat : sur les 49 communes de la Métropole, seules 6 sont dirigées par UNE maire. De surcroît, il s’agit de petites villes qui envoient donc peu de délégués au conseil métropolitain. Selon un élu de la majorité, la conséquence serait donc logique et immédiate : sur les 119 élus à la Métropole, seules 44 sont des femmes, soient 37% seulement. Une explication toutefois légère puisque, parmi ces 44 femmes, il était sans doute possible de trouver 10 vice-présidentes : chez les adjoints au maire, les conseillères municipales par exemple.

Petite consolation néanmoins : le premier vice-président de Grenoble Alpes Métropole sera bien une première vice-présidente, même si on ne connaît pas encore son nom.
 

Un équilibre fragile

Sitôt l'élection des vice-présidents passée, celle du bureau a d'ailleurs tourné court : une délibération finalement retirée pour être renégociée plus tard. Preuve que la grande réconciliation demeure encore très fragile. 
 

Retrouvez la liste des 20 vice-présidents :
 








 
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