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Municipales à Grenoble : candidate investie par LaRem, Emilie Chalas veut donner “de l'envie et de l'ambition”

La députée de l'Isère se lance dans la course aux municipales à Grenoble. / © Vincent Isore/IP3 PRESS/MAXPPP
La députée de l'Isère se lance dans la course aux municipales à Grenoble. / © Vincent Isore/IP3 PRESS/MAXPPP

La bataille a été bien plus rude que prévue. Mais La République en marche a finalement annoncé confier son investiture pour les municipales de mars 2020 à la députée Emilie Chalas, lundi 15 juillet. A elle de briguer la mairie de Grenoble. Avant cela, elle devra réunifier un parti désormais divisé. 

Par France 3 Alpes

A 41 ans, la voici désormais candidate à la mairie de Grenoble. La députée Emilie Chalas, élue pour la première fois en juin 2017, vise donc le fauteuil de l'actuel maire : l'écologiste Eric Piolle. Au terme d'un processus d'investiture bien plus long et bien plus disputé que prévu, Emilie Chalas a été préférée à son principal adversaire, le référent départemental Olivier Six. "Je suis très heureuse et je mesure la responsabilité et le travail qui m'attendent", a-t-elle commenté. 

Une investiture qui ne fera sans doute pas l'unanimité au sein du comité isérois de La République en marche. Il y a quelques semaines, le comité politique qui réunit les principaux élus et les parlementaires LaRem du département, s'était majoritairement prononcé en faveur d'Olivier Six. Un vote consultatif qui n'a donc pas été suivi par les instances parisiennes du parti.

 

"J'ai toujours été entière et cash"  


Il faut dire que vu de Paris, les priorités étaient ailleurs. D'abord, Emilie Chalas, de par son mandat de parlementaire, est sans doute plus implantée et plus pointue sur les dossiers locaux. Plus connue, aussi. Ensuite, dans un mouvement qui a énormément de difficultés à attirer les candidates, l'élue avait une carte à jouer : celle de la parité, un objectif affiché de LaRem mais pour l'heure difficilement tenable. Il y a quelques jours, la Secrétaire d'Etat à légalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, s'était d'ailleurs insurgée contre le nombre important d'hommes investis par LaRem. Dans la foulée, le patron du parti, Stanislas Guérini, avait envoyé un mail aux adhérents pour inciter les femmes à se porter candidates. 

 

Une campagne au centre-gauche ? 


Reste que le plus dur est à venir pour Emilie Chalas. Une personnalité que ses adversaires décrivent comme clivante voire autoritaire. Réalité, rivalité politique ou réaction un tantinet misogine, la question reste ouverte. Ce à quoi Emilie Chalas répond : "J'ai toujours été entière et cash, cela change de la politique telle qu'elle est faite depuis 20 ans". Voilà sans doute pourquoi la désormais candidate avait tranché avec la ligne habituelle de son parti en affirmant vouloir faire une campagne au centre gauche plutôt que de chercher à rallier à elle un éventail allant de la gauche à la droite. 

Un pari politique audacieux, à contre-courant des habitudes d'En Marche, mais qui peut trouver une justification dans le fait que Grenoble est ouvertement une ville de gauche. Une gauche dont Emilie Chalas s'est toujours revendiquée. Elle veut d'ailleurs mettre l'accent sur "la réussite éducative, le retour à l'emploi et la création d'emplois en attirant les entreprises à Grenoble". Et de développer : "Je suis issue de l'immigration. Mes grands parents ne savaient ni lire ni écrire. En deux générations la République française a pourtant fait de mon père un professeur d'université et de moi-même une députée. Aujourd'hui, c'est cette réussite que je veux partager et étendre". 

Emilie Chalas qui souhaite également "faire de Grenoble une ville nature en transformant les espaces publics, en réintroduisant de l'eau et des végétaux pour lutter contre le réchauffement climatique". "Il faut que Grenoble devienne une ville exemplaire en luttant notamment contre les points de chaleur", insiste la candidate. Et de conclure : "Je veux porter un projet d'envie et d'ambitions, pas un projet contre Eric Piolle. Ce ne sera pas un projet sur son bilan". 

 

"Des impératifs parisiens et politiciens..."


Du côté des réactions, l'enthousiasme était moins marqué. Ce matin, l'ancien conseiller municipal centriste Philippe de Longevialle publiait ainsi un communiqué dans lequel il évoquait : "une mise en garde contre toute investiture dictée par des impératifs parisiens et politiciens comme le seul affichage en interne de la parité qui viendrait mettre à mal le rassemblement en cours et hypothéquer l'alternance à venir". Bonjour l'ambiance... 

 

"Des intérêts qui dépassent les enjeux de notre ville"


Quelques secondes après l'annonce de l'investiture, c'est Olivier Six, le rival malheureux, qui a réagi à son tour : "J'entends et je comprends la colère et la tristesse de ceux qui m'ont soutenu dans cette phase d'investiture. Cette décision nationale relève largement d'intérêts qui dépassent les enjeux de notre ville. Elle récompense aussi l'engagement d'Emilie Chalas à qui je souhaite une belle campagne". "Olivier Six comptera évidemment dans la campagne", a répondu Emilie Chalas. 

Réaction plus optimiste et moins mesurée, un peu plus tard, du député Olivier Véran : "Ses qualités d'élue, son parcours au service de collectivités locales, son investissement pour notre métropole et son engagement sans faille depuis des mois à Grenoble, en font la meilleure candidate pour porter l'alternance dont les Grenobloise et les Grenoblois ont tant besoin". 

Bref la députée et désormais candidate a le plus dur devant elle : refaire l'unité d'un parti a priori fracturé. Voilà sans aucun doute son premier défi avant de pouvoir espérer conquérir la mairie de Grenoble. La candidate devrait toutefois présenter les grandes lignes de son projet courant octobre. Le temps de l'affiner avec "des experts et les Grenoblois". Le temps, aussi, "de rencontrer et de discuter avec tous ceux qui peuvent nous rejoindre". Pour elle, l'été s'annonce studieux. 

 

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