Grenoble : des soignants manifestent devant le CHU à l'occasion de la visite d'Oliver Véran

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Écrit par A.B avec Nathalie Rapuc
Des dizaines de professionnels de santé ont attendu l'arrivée d'Olivier Véran, au CHU de Grenoble, pour l'interpeller sur leurs conditions de travail.
Des dizaines de professionnels de santé ont attendu l'arrivée d'Olivier Véran, au CHU de Grenoble, pour l'interpeller sur leurs conditions de travail. © Nathalie Rapuc/FTV

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a été interpellé par des soignants et des personnels hospitaliers, ce vendredi 12 novembre lors d'une visite au CHU de Grenoble. Les professionnels de santé réclament l'ouverture de postes supplémentaires dans les hôpitaux grenoblois.

Plus d'une cinquantaine de soignants et professionnels de santé isérois se sont rappelés au bon souvenir d'Olivier Véran, ce vendredi 12 novembre, à l'occasion d'une visite ministérielle au CHU de Grenoble.

L'ancien député isérois s'est déplacé au centre hospitalier, dans la matinée, pour inaugurer son nouveau plateau technique mais, également, pour présenter le plan régional du Ségur de la santé : 1,7 milliard d'euros alloués à 92 projets dans les hôpitaux et EHPAD d'Auvergne-Rhône-Alpes.

Mais à son arrivée, sur les coups de 11 heures, le ministre de la Santé a été reçu par plusieurs dizaines de soignants du CHU de Grenoble-Alpes (CHUGA) mais aussi de Voiron. Tous demandent une amélioration de leurs conditions de travail, alors que la situation des hôpitaux est à flux tendu dans l'agglomération grenobloise.

Une situation de crise inédite

"Nous sommes dans une situation de crise jamais vécue jusque-là. Il y a un manque très important de personnel. Aucune solution n'est envisagée. Les professionnels qui restent sont épuisés", explique Elisabeth Guillemin, déléguée syndicale CGT au CHUGA. Il en résulte "un taux d'absentéisme et un nombre de lits fermés incroyables".

"On ne peut plus accueillir les patients en ce moment, nous sommes en train de leur demander de rester chez eux. C'est quand même grave", poursuit-elle.

Faute de soignants, le plan blanc a été activé au début du mois de novembre. Il s'agit, en concertation avec l'ARS, de redéployer les effectifs en Isère, là où les effectifs manquent : "Aux urgences de Voiron, nous avons un effectif qui est au tiers en ce qui concerne les médecins. On est obligé de faire appel à des intérims, des gens qui viennent de l'extérieur", témoigne François Pinchart, chef de service des urgences à l'hôpital de Voiron, rattaché au CHU de Grenoble.

"Malgré cela, nous n'avons pas réussi à combler les plannings. On a donc été forcé de suspendre les admissions une partie de la journée, notamment en nuit profonde", continue le chef de service.

Ce n'est pas le seul établissement à devoir refuser des patients. Début novembre, les urgences du Groupe Hospitalier Mutualistes de Grenoble avaient fait savoir qu'elles ne pouvaient plus accepter de nouveaux patients, sauf cas de force majeure.

Des soignants reçus par le cabinet ministériel

C'est donc sur cette fatigue du personnel qu'Olivier Véran a été interpellé, moins sur le Ségur de la santé : "Le nouveau bâtiment annoncé à Voiron est une chance, mais après il faut pouvoir l'habiter. Pour cela, il faut du personnel, des médecins et des professionnels médicaux...", rajoute François Pinchart. 

Une délégation syndicale a pu s'entretenir avec le cabinet du ministre dans la matinée. Mais le résultat de ces discussions est décevant selon Damien Cadinot, praticien hospitalier urgentiste au CHU Grenoble-Alpes depuis 2014 : "Il n'y a pas eu de réponse encourageante à court terme. Beaucoup de moyens sont engagés, mais pas dans les semaines à venir. Et c'est ce qu'on demande aujourd'hui, des actions rapides puisque nous sommes en train d'imploser", regrette-t-il.

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