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C’était il y a 50 ans. La terreur nazie écartée et la République restaurée, des enseignants, accompagnés d'anciens résistants et déportés, créaient à Grenoble ce qui deviendra le Musée de la Résistance et de la Déportation. Un lieu pour exposer, raconter, transmettre, des histoires tragiquement réelles et des valeurs à jamais d’actualité.

 

De la petite expo au musée départemental

Une vue du musée à ses débuts. / © France 3
Une vue du musée à ses débuts. / © France 3
Le 22 août 1963, pour fêter le 19e anniversaire de la libération de Grenoble, la toute première exposition sur la Résistance dauphinoise était inaugurée. Ce genre d’initiative, pour transmettre la mémoire de ceux qui ont lutté en 39-45, était encore rare à l’époque. Celle-ci sera un essai, rapidement transformé. Les artisans de l’exposition (issus du monde enseignant), accompagnés d’anciens résistants et déportés, créent le Comité du Musée de la Résistance dauphinoise. Chaque dimanche soir, ils se réunissent, échangent et construisent, au sens propre, le futur musée départemental.
1- Historique
Intervenants : Jean Claude Duclos, ancien conservateur ; Pierre Gascon, tésistant déporté à Buchenwald.
Un musée inauguré, dans sa première version, le 23 avril 1966, en présence du maire Hubert Dubedout et de Laure Moulin, la sœur de Jean Moulin. Très petit, le musée occupe un simple espace dans l’appartement natal de Stendhal, 14 rue Jean-Jacques Rousseau. Les éléments sont additionnés sans contextualisation, l'intérêt est surtout de venir se rencontrer et d'échanger.
Laure Moulin, Hubert Dubedout, lors de l'inauguration du musée en 1966 à Grenoble. / © France 3
Laure Moulin, Hubert Dubedout, lors de l'inauguration du musée en 1966 à Grenoble. / © France 3
En 1970, le musée prend le nom de "Musée de la Résistance et de la Déportation". Les visiteurs se multiplient. Plusieurs milliers dans les années 1980. Il est donc transféré, en 1988, au 14 rue Hébert (son lieu actuel), pour trouver plus d’espace, en profitant pour adopter le statut de musée départemental.


En 2016 comme en 1966, s'adresser aux jeunes

© France 3
© France 3
Depuis le départ, le musée s’adresse aux jeunes. Six expositions itinérantes sont prêtées gratuitement, aux établissements scolaires notamment. Le musée lui-même est visité par près de 9000 scolaires, chaque année. Il y en aurait eu 180.000 depuis 1994, pour un ensemble de 500.000 visiteurs.
2- Les élèves
Intervenants : Diane, élève de 3e au collège Jean Zay à Valence (26) ; Gilles Emprin, Historien et Professeur Relais en Isère ; Isabelle Pépin, Professeur de Français au collège Jean Zay Valence (26).
A l’intérieur, les rires des élèves disparaissent, laissant place à la surprise, voire à la stupeur. Les simples textes lus dans les manuels en classe sont vite oubliés face à la puissance des objets, des photos, des vidéos, de leur contextualisation, offerts dans cet espace de plus de 700m².
Les expositions font la part belle (aussi) aux vidéos et aux sons. / © France 3
Les expositions font la part belle (aussi) aux vidéos et aux sons. / © France 3
Un atelier pédagogique avec un enseignant permet de compléter la visite et toute la scénographie est régulièrement mise à jour, pour favoriser l’interaction, essentielle pour le jeune public.


Résister aujourd'hui et demain

© Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère
© Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère
Pour faire perdurer la mémoire et l’esprit de la Résistance, le musée peut s’appuyer sur un trésor. A l’étage sont conservées les archives de toutes les expositions passées. On y trouve par exemple cette affiche du 3 juillet 1944, annonçant la restauration de la République française dans le Vercors.
Une affiche (originale) annonçant pour la restauration de la République. / © France 3
Une affiche (originale) annonçant pour la restauration de la République. / © France 3
Ces vestiges ne concernent pas que la France, pas que 39-45. Les expositions archivées évoquent les génocides et les résistances partout dans le monde et tout le temps.
3- Demain
Intervenants : Jacques Loiseau, Responsable des collections et des ressources documentaires ; Olivier Cogne, Directeur du Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère ; Pierre Gascon, Résistant-déporté à Buchenwald.
Les équipes du musée sont ouvertes sur l’ailleurs et sur demain, sur les résistances contemporaines, sur ce que peut englober la notion de droits de l’homme.

Leur démarche, leur mission : donner aux citoyens le goût de faire face à l’inacceptable, qui peut toujours resurgir.