Grenoble : le masque rendu obligatoire sur les marchés de plein air ce mercredi 12 août ne fait décidément pas recette !

Le préfet de l'Isère avait annoncé l'obligation du port du masque dès ce mercredi 12 août, dans certains lieux publics de Grenoble. Une décision prise "à la demande du maire" face à l'extension de l'épidémie du Covid. Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'annonce ce matin a fait "pschitt".

Sur le marché de l'Estacade à Grenoble ce mercredi 12 août au matin, la nouvelle consigne n'est pas vraiment "assimilée" par tous
Sur le marché de l'Estacade à Grenoble ce mercredi 12 août au matin, la nouvelle consigne n'est pas vraiment "assimilée" par tous © France 3 Alpes
Le dispositif de protection sanitaire s'est durci à Grenoble. Dès ce mercredi 12 août, le port du masque est désormais obligatoire dans "certains lieux publics" comme les marchés en plein air. Une décision annoncée hier, quelques heures seulement après la demande de Jean Castex d'étendre le port du masque en extérieur.

Alors que le département de la Haute-Savoie avait déjà rendu obligatoire le port du masque pour les rassemblements de plus de 10 personnes et que plusieurs villes, dont Annecy et Chamonix avaient imposé le port du masque en centre-ville, le département de l'Isère à son tour a pris des premières mesures pour empêcher le redémarrage de l'épidémie de Covid-19, en prescrivant "le port du masque sur les marchés en plein air, les brocantes et les vide-greniers situés dans la ville de Grenoble pour toute personne à partir de l’âge d’onze ans".

Selon le communiqué de la préfecture de l'Isère, la décision a été prise "à la demande du maire de Grenoble, et compte-tenu de l’évolution de la situation sanitaire et de l’affluence dans certains lieux publics".

"Nous regardons l’évolution de la situation au jour le jour en lien avec la Préfecture et les autorités sanitaires. L’approche face au COVID-19 doit être une approche territorialisée"
explique pour sa part Eric Piolle, le maire écologiste de Grenoble. Dans un communiqué, l'édile détaille sa stratégie : "En cette période estivale, Grenoble n’est pas confrontée aux mêmes enjeux que Paris ou la côte méditerranéenne. Nous prenons donc des mesures préventives et surtout progressives. Les marchés de plein air, fort fréquentés, sont des lieux où le port du masque a dès aujourd’hui une réelle utilité".

Au cours d'un déplacement au CHU de Montpellier, le Premier ministre, Jean Castex, avait hier haussé le ton face à une "situation épidémiologique [qui] évolue dans le mauvais sens". Il avait appelé à l'extension de l'obligation du port du masque à l'extérieur : "Je le dis avec une forme de gravité : si nous ne réagissons pas collectivement, nous nous exposons à un risque élevé de reprise épidémique qui sera difficile à contrôler", a prévenu le chef du gouvernement. Le Premier ministre a indiqué qu'il allait "demander aux préfets de se rapprocher des élus locaux pour étendre le plus possible l'obligation du port du masque dans les espaces publics".

Masque obligatoire sur les marchés de Grenoble : des débuts confus"


Alors ce mercredi 12 août, date du lancement du port obligatoire du masque sur les marchés de plein air, une équipe de France 3 Alpes s'est rendue sur le marché de l'Estacade à Grenoble, afin d'avoir un aperçu des effets de cette mesure supplémentaire. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle n'était pas vraiment "intégrée" par tout le monde.

A première vue, une personne sur deux, voire sur trois portait un masque. Il y a d'abord ceux "qui ne savaient pas," et qui précipitent leur main dans leur poche pour l'enfiler, l'une  "pensait que c'était obligatoire pour les maraîchers, les poissonniers, enfin les commerçants mais pas pour les clients", le marîcher, lui avait compris la même chose "je l'ai entendu ce matin à la radio en me rendant à l'exploitation, sinon je ne savais rien, je pensais qu'ils étaient dispensés." Et puis il y a "ceux qui ont trop chaud, qui respirent mal, qui en ont assez ou ne sont pas convaincus" comme cette marchande de légumes qui le porte sur le visage des heures durant, tantôt un peu dessus, tantôt un peu dessous le menton :" D'abord on nous disait que ça servait à rien, maintenant on nous menace d'amendes, bah, faut pas chercher à comprendre".

Et puis il y a les irréductibles, une dame qui jure que depuis l'annonce du Covid 19 "elle le porte partout, tout le temps, dès qu'elle sort, parce qu'elle a peur". Ou alors cette autre cliente, sans masque aucun, qui "enguirlande "presque notre reporter : "Vous êtes médecin vous ? Qui vous êtes pour me poser la question? Ce masque chirurgical, c'est un dispositif médical et puis d'abord, j'ai pas vu le décrêt, il a même pas été publié".

Or, la dame de méchante humeur a tort : le décret du 30 juillet 2020  habilite le préfêt " à étendre l’obligation du port du masque à certains lieux publics découverts si des circonstances locales le justifient pour lutter contre la propagation de l’épidémie de Covid-19".

Pour l'instant, le réflexe n'est pas entré dans les moeurs. A décharge des "visages nus", aucune signalisation, aucun panneau n'évoque cette mesure sur les lieux. De quoi justifier le petit délai de bienveillance accordé par les agents municipaux mais dans une semaine, la verbalisation des récalcitrants entrera bel et bien en vigeur : une contravention de 4e classe, soit 135 euros.  En cas de récidive dans les 15 jours, l'amende peut passer à 1500 euros.
 


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