Grenoble : nouvelle action de femmes voulant se baigner en burkini à la piscine Jean-Bron

Une nouvelle action pro-burkini s'est déroulée mercredi dans la piscine Jean-Bron de Grenoble. Plusieurs femmes s'y sont baignées avant d'être verbalisées. Les militantes ont été reçues en mairie.
Une première action pro-burkini avait eu lieu à l'été 2019 dans la piscine Jean-Bron de Grenoble.
Une première action pro-burkini avait eu lieu à l'été 2019 dans la piscine Jean-Bron de Grenoble. © JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

Plusieurs femmes militant pour l'autorisation du port du burkini dans les piscines publiques ont organisé une action à la piscine Jean-Bron de Grenoble mercredi 21 juillet. Elles se sont baigné en burkini avant d'être verbalisées et exclues de l'établissement pour deux mois.

Les militantes étaient cinq selon la police, six pour l'association Alliance citoyenne. L'action a provoqué, vers 15h30, l'évacuation du bassin à la demande des agents municipaux qui avaient bloqué l'accès à la baignade d'une dizaine d'autres femmes. Ce nouvel incident intervient après plusieurs actions de ce collectif et des échanges tendus entre Éric Piolle, le maire écologiste, et le gouvernement sur ce type de maillot de bain recouvrant l'ensemble du corps.

Cette action "s'est faite dans le calme, sans violence", a précisé Annabelle Bretton, adjointe chargée de l'éducation populaire et de la démocratie ouverte, qui a ensuite reçu les militantes à la mairie. "Ces méthodes d'action sont dans leur ADN. Elles sont dans leur créneau, et nous, tranquillement, on est dans le nôtre" en appliquant le règlement intérieur de la piscine qui interdit ces tenues, assure l'élue.

 

Réglements "discriminants"

Alliance citoyenne affirme dans un communiqué que ses militantes "réclament le droit de choisir leur maillot de bain : maillot de bain couvrant, à manches longues, à manches courtes ou encore en topless (sic)", jugeant les règlements actuels "discriminants", et promet de renouveler son action. "Depuis 2018, le syndicat des femmes musulmanes libres et voilées de l'Alliance citoyenne lutte pour accéder à la piscine, qui, on le rappelle, est un bien commun", affirmait le collectif dans un communiqué le 16 juillet sur Facebook.

Il venait alors d'organiser une "pool party" dans le hall de la mairie pour réclamer à Éric Piolle de "laisser les femmes choisir leur maillot de bain." En juin 2019, une dizaine de femmes soutenues par l'Alliance citoyenne avaient mené une action dans cette même piscine, en présence des médias locaux, pour revendiquer leur droit de se baigner en burkini.

Elles avaient alors justifié cet "acte de désobéissance civile" comme une protestation contre les règlements des piscines qu'elles jugent discriminatoires. Le 18 juin 2021, Éric Piolle avait, dans une lettre à Jean Castex, demandé au gouvernement de statuer au niveau national sur l'interdiction ou non de ces maillots. En mars, Gérald Darmanin avait demandé à la Commission européenne d'annuler une subvention accordée à un consortium dont fait partie l'Alliance citoyenne qu'il accuse de "promouvoir des règles compatibles avec la charia."

 

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