Burkini : Eric Piolle interpelle Jean Castex sur la réglementation des tenues dans les piscines municipales

Dans une lettre adressée au Premier ministre, Eric Piolle demande à l’Etat de se positionner sur les tenues autorisées ou non à la piscine. Il regrette qu’en l’absence de décision nationale, les maires soient contraints de gérer seuls ces questions, et notamment celle du burkini. 

Suite à la polémique de burkini en 2019, des militantes de l'association grenobloise Alliance citoyenne avaient mené une action pour le port du burkini en piscine.
Suite à la polémique de burkini en 2019, des militantes de l'association grenobloise Alliance citoyenne avaient mené une action pour le port du burkini en piscine. © Isabelle CALENDRE

Comment justifier l’interdiction du burkini dans les piscines municipales ? Pour l’instant, l’Etat n’a pas pris de position claire.

Actuellement, ce sont les communes qui peuvent interdire le port de ce maillot de bain pour des motifs d’hygiène. Cette responsabilité portée par les maires est dénoncée par Eric Piolle dans une lettre adressée ce 18 juin au Premier ministre Jean Castex.

Dans cette missive, le maire de Grenoble explique que de plus en plus "d’usager-ères expriment l'inadéquation des règlements intérieurs avec leurs besoins, attentes et contraintes en matière de santé, de pudeur, de convictions ou encore d'allergies".

Si le nom de ce maillot de bain intégral porté par certaines femmes de confession musulmane n’est pas directement cité dans la lettre, nulle doute que c’est à ce sujet qu’Eric Piolle interpelle l’Etat.

 

Les maires face aux demandes des usagers

Il explique que dans les piscines municipales "seules sont interdites les tenues de bain qui enfreignent les règles de l'hygiène, de la salubrité et de la sécurité". Dès lors, comment juger si le burkini enfreint ou non l’une de ces règles ? "A Grenoble comme ailleurs, nous ne disposons aujourd'hui d'aucune étude plus récente qui serait valable pour refuser les demandes qui nous sont faites […] C’est bien à l'État de lister de manière exhaustive, puis de diffuser aux communes, l'ensemble des préconisations". 

Il regrette qu’en l’absence d’harmonisation nationale, cette décision puisse créer de nombreuses disparités sur le territoire. Cela pousse "chaque municipalité à interpréter ce qui relève ou non d'une situation de risque sanitaire ou de discrimination, ajoute-t-il. Monsieur le Premier ministre, la République doit rester une et indivisible. L'égalité, la santé et les libertés publiques doivent être les mêmes de Lille à Ajaccio, et de Brest à Strasbourg".

Suite à cette lettre, l'association grenobloise Alliance Citoyenne encourage publiquement le maire de Grenoble à joindre la parole aux actes en autorisant le port du burkini. 

 

L’État ne peut continuer à laisser les maires se débrouiller seuls et démunis

Michel Savin

Ce courrier est adressé au Premier ministre quelques jours après que l’Assemblée Nationale ait supprimé un article voté par le Sénat, qui devait faciliter l’interdiction du burkini dans les piscines municipales. Cet amendement était porté dans le cadre de la loi "séparatisme" par Michel Savin, sénateur (LR) de l’Isère.

"Il était pourtant temps de clarifier les choses ! a réagit l’élu dans un communiqué. Malheureusement, le gouvernement, une nouvelle fois, ne prend pas ses responsabilités. L’État ne peut continuer à laisser les maires se débrouiller seuls et démunis, face à la pression d’activistes qui promeuvent une forme d’islam radical et rétrograde notamment pour les femmes". 

S’ils ne partagent pas les mêmes convictions concernant le port du burkini, Eric Piolle et Michel Savin s’accordent au moins sur une chose : c’est à l’Etat de prendre position et non aux communes.  

 

Le burkini et la polémique de l’été 2019

Ce n’est pas la première fois que la question du burkini est abordée dans l’agglomération grenobloise. En 2019, le maillot de bain avait été au cœur d’une polémique après que plusieurs femmes se soient baignées dans une piscine publique avec cette tenue. Suite à cela, une opération organisée par l'association Alliance citoyenne pour demander l'autorisation du burkini, et l'affaire avait causé des remous jusqu'au sein du gouvernement.

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