Grenoble : un opposant d'Eric Piolle condamné pour diffamation lors de la campagne des municipales 2020

Le tribunal correctionnel de Grenoble a condamné mercredi 16 juin à 3.000 euros d'amende un proche d'Alain Carignon, principal opposant local à Eric Piolle, pour avoir diffamé le maire écologiste pendant sa campagne victorieuse des municipales 2020.

Eric Piolle, maire écologiste de Grenoble
Eric Piolle, maire écologiste de Grenoble © Darek SZUSTER - Maxppp

La condamnation est tombée ce mercredi 16 juin. Le tribunal correctionnel de Grenoble a donc estimé qu'il y avait bien diffamation contre Eric Piolle et a condamné à 3.000 euros d'amende un proche d'Alain Carignon, principal opposant local à l'actuel maire écologiste, pour l'avoir diffamé pendant sa campagne victorieuse des municipales 2020.

François Tarantini, 72 ans et proche de l'ancien ministre RPR condamné pour corruption en 1996, était poursuivi pour avoir suggéré, sur un blog de l'opposition dont il est le responsable éditorial, qu'Eric Piolle se serait rendu coupable de prise illégale d'intérêt.

Le texte publié en janvier 2020, laissait entendre que le maire de Grenoble avait participé à l'attribution de subventions publiques au bénéfice indirect de Raise Partner - entre 2010 et 2014 -, une entreprise de gestion de risques financiers co-dirigée par son épouse et dont il détient 1% des parts, soit 9.000 euros.

Éric Piolle avait porté plainte le 20 janvier 2020 alors que la campagne des élections municipales battait son plein, avec Alain Carignon comme principal candidat de la droite. Devant la presse, le 9 janvier 2020, il avait dénoncé une "fake news" et souligné qu'il comptait saisir la justice contre ceux qui font "circuler des informations mensongères" dans le "seul but" de l'atteindre et de manipuler les élections".

Le maire écologiste, réélu en juin 2020, avait affirmé que l'entreprise de son épouse n'avait pas touché de subventions publiques depuis 2009 et que ses mandats politiques n'avaient débuté qu'en 2010.

"On n'est plus dans le débat, mais la boue. Ce qui a importuné mon client, c'est qu'on remette son épouse sur le devant de la scène. Nous sommes à trois mois des élections. Ce texte n'est alors pas publié par hasard", avait argumenté à l'audience du 25 mai Thomas Fourrey, l'avocat d'Éric Piolle.

Me Thierry Aldeguer, l'avocat du collectif d'Alain Carignon, avait regretté l'absence à l'audience de M. Piolle et plaidé la relaxe pour son client après avoir souligné qu'aucun des trois passages de l'article pointés par la défense, qui mentionnent selon lui des faits avérés, n'est diffamatoire. Mercredi, son client a été reconnu coupable de diffamation et condamné à 3.000 euros d'amende, à publier le jugement sur le site internet et à 1.500 euros de dommages et intérêts. Thierry Aldeguer a fait savoir qu'il allait faire appel de cette décision, assurant que cela suspend le jugement.

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
justice politique élections