Hommage à Samuel Paty : à Grenoble, au lycée Champollion, profs et élèves se recueillent ensemble avec émotion

Partout en France, ce lundi 2 novembre, on s'est recueilli en mémoire de Samuel Paty, le professeur assassiné le 16 octobre dernier. Au lycée Champollion à Grenoble, beaucoup d'émotion pour les profs et les élèves réunis ensemble pour cet hommage en ce jour de rentrée scolaire particulière.
Après deux semaines de vacances, 12 millions d'élèves ont effectué ce lundi 2 novembre, dans une France reconfinée, une rentrée scolaire particulière entre vigilance sanitaire et sécuritaire, et un hommage à Samuel Paty, assassiné sauvagement le 16 octobre pour avoir montré en classe des caricatures de Mahomet, a été rendu.

A Grenoble, au lycée Champollion, le proviseur, entouré de ses adjoints, a procédé devant la foule des élèves et des profs, à une brève introduction avant de lire la lettre de Jean Jaurès aux instituteurs et institutrices. La Marseillaise a ensuite retenti partout dans le lycée, suivie de la minute de silence.

Il y avait foule pour cet hommage : certains profs qui n'étaient pas en cours avaient fait le choix de venir en signe de solidarité et parce qu'ils estiment "impératif de continuer à enseigner coûte que coûte ce à quoi ils croient et transmettre ces valeurs aux jeunes".

Le proviseur, quant à lui, s'est souvenu avoir prononcé, il y a cinq ans au même endroit devant la statue de Champollion, un discours en hommage aux victimes de l'attentat de Charlie Hebdo. Il a remercié les élèves pour leur dignité lors de cet hommage : "Je suis fier de vous", leur a-t-il déclaré à l'issue de cette cérémonie.

Des élèves qui témoignent de l'importance de rendre hommage et comprendre : " Cela montre qu'on n'est pas à lécole pour rien", explique Germain.
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Témoignages Lycéens de Champollion

Pour continuer à accompagner les élèves, un temps d'échange sera organisé durant tout le mois de novembre.
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Hommage Samuel Paty à Champollion

Pendant ce temps-là, le Premier ministre Jean Castex a lui rendu hommage à Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine, la ville où il enseignait, en observant une minute de silence avec les élèves d'une classe de CM2.

Jean Castex, qui auparavant s'était rendu au collège du Bois d'Aulne, a insisté sur la nécessaire reconstruction collective et le rôle central des professeurs dans l'école de la République. "Ici, Samuel Paty apprenait à chaque enfant de la République à devenir un citoyen libre. Pour lui, pour notre pays, nous continuerons. C'est notre honneur et notre devoir", a écrit sur Twitter le Premier ministre.

Un peu plus tôt dans la matinée, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer expliquait sur France Inter que "la France doit être totalement unie autour de ses professeurs. On dit souvent que le ministre de l'Education est le ministre des professeurs, aujourd'hui plus que jamais. Ils sont centraux dans notre société. On a l'occasion de le voir davantage encore en période de crise", a-t-il lancé.

La rentrée des classes, qui devait initialement être décalée à 10H00 pour laisser le temps aux équipes pédagogiques de préparer cet hommage au professeur décapité, a finalement été maintenue à l'horaire habituel, entraînant le dépôt d'un préavis de grève par plusieurs syndicats enseignants.

Les enseignants du collège Pasteur de Villemomble en Seine-Saint-Denis se sont par exemple mis en grève lundi pour protester "contre l'organisation, réduite, de l'hommage à Samuel Paty, une décision indigne", selon eux. "D'autres organisations étaient possibles permettant de tenir compte des conditions de cette rentrée hors normes. Elles ont été balayées d'un revers de la main, sans considération pour les impératifs humains et pédagogiques", ont-ils regretté dans un communiqué.

Thomas Saettler, professeur de physique-chimie, syndiqué SNES-FSU, explique lui que, pour les enseignants, "c'était impossible de ne pas se retrouver pour parler de l'émotion suscitée par le fait qu'un enseignant ait été assassiné pour avoir exercé son métier, et il était important qu'on construise notre réponse".

 
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