VIDEO. S'estimant "lâchés" par le président, 130 policiers prêts à démissionner à Grenoble

A Grenoble, 130 policiers ont déposé une demande de rupture conventionnelle. Ils ne digèrent pas les propos tenus par Emmanuel Macron lors d'une interview accordée à Brut. Evoquant "des contrôles au faciès", le chef de l'Etat avait annoncé la création d'une plateforme internet pour les dénoncer.

En juin, les policiers manifestaient déjà leur ras-le-bol à Grenoble.
En juin, les policiers manifestaient déjà leur ras-le-bol à Grenoble. © France 3 Alpes

Au lendemain de l'entretien exclusif accordé par Emmanuel Macron à la communauté de Brut, les syndicats de police Alliance et Unité SGP-Police-FO ont appelé à cesser les contrôles d'identité. Les propos du président sur les "violences policières" et les "contrôles au faciès" ne passent pas. "Le président lâche les policiers" explique Yannick Biancheri, secrétaire départemental du syndicat Alliance Police Isère, qui annonce qu'en Isère, 180 policiers ont déposé une demande de rupture conventionnelle, dont 130 à Grenoble.

"180 policiers en Isère, 130 à Grenoble. Comment va-t-on faire pour assurer la sécurité de tout un chacun ? " se demande Yannick Biancheri qui estime qu'il manque déjà 138 policiers dans le département. Il demande donc le soutien du président "et non l'inverse". 

Et ce soutien doit s'exprimer de façon concrète, en actes et non en paroles, selon les principaux syndicats de police. "On veut des gestes, on veut des actions, on veut des lois, des règlements qui protègent le flic", explique Brice Gajean, délégué départemental SGP Unité Police. "On veut une peine minimale pour toute agression de policier", renchérit Yannick Biancheri.

Lors de l'entretien accordé au média en ligne Brut, Emmanuel Macron avait expliqué vouloir regarder en face la question des contrôles au faciès et annoncé le lancement, dès le mois de janvier, d'une plate-forme nationale de signalement des discriminations gérée par l’Etat, le Défenseur des droits et des associations. Les principaux syndicats de gardiens de la paix avaient immédiatement réagi en appelant à cesser les contrôles d'identité. Seules les missions de secours sont assurées, les policiers ne veulent plus prendre d'initiative pour ne pas prendre le risque d'être accusé de contrôle au faciès ou d'usage disproportionné de la force.

 

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