Il reprochait à Didier Raoult des erreurs "niveau brevet des collèges" : accusé de diffamation, un prof de maths relaxé

Attaqué en justice par Didier Raoult pour diffamation et injure publique, Guillaume Limousin a été relaxé, mardi 14 mai, par le tribunal correctionnel de Marseille. Sur Twitter, ce professeur de mathématiques isérois, reprochait à l'infectiologue une série d'erreurs de "niveau brevet des collèges". Didier Raoult devra lui verser 2000€, au titre des frais de justice.

Didier Raoult a de nouveau perdu un procès. Mardi 14 mai, le tribunal correctionnel de Marseille a relaxé Guillaume Limousin, un professeur de mathématiques de l’Isère, qui avait été accusé de diffamation et d'injure publique par l'ancien directeur de l'institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille (IHU).

En janvier 2022, sur son compte X (anciennement Twitter), Guillaume Limousin avait notamment dressé "un best of des pires publications 'scientifiques' de Didier Raoult.".

Il avait aussi pointé du doigt une série d'erreurs de "niveau brevet des collèges", dans la première étude de l'IHU, publiée en mars 2020, qui concluait à une efficacité de l’hydroxychloroquine sur les malades atteints de la Covid-19.

"Je suis satisfait"

Didier Raoult a été condamné par le tribunal correctionnel de Marseille à payer 2 000€ au professeur, au titre des frais de justice. "Je suis satisfait. Ça signifie qu’on a le droit de dire la vérité. De dire que de nombreuses publications de Didier Raoult n’ont même pas le niveau brevet des collèges, à condition de sourcer pour en apporter les preuves”, témoigne Guillaume Limousin. "C’est une grande satisfaction, un immense soulagement, surtout pour mon client", abonde l'un de ses avocats maître Christian Peltier.

Passionné par les sciences depuis toujours, l'enseignant en mathématiques a fait de la lutte contre la désinformation scientifique et médicale sa priorité. Lorsqu'il entend parler de Didier Raoult et de ses travaux sur l'hydroxychloroquine en 2020, il se plonge dans les publications de l'infectiologue. Sa première étude consacrée à l’hydroxychloroquine retient tout particulièrement son attention.

“Dans le monde de la recherche avec qui je reste en contact, on s’est tous dit que ça faisait partie des publications qui allaient finir à la poubelle, comme il y en a des milliers chaque année. Elle cochait toutes les cases des méconduites scientifiques : elle a été acceptée en seulement 24 heures, il n’y a eu aucun calcul de la marge d’incertitude dans les graphiques, un deuxième médicament avait été rajouté sans autorisation, et des patients étaient exclus des résultats alors qu'ils mourraient…”

Selon Guillaume Limousin, “il suffisait d’avoir son brevet des collèges pour se rendre compte que c’était grotesque."

"La prochaine fois ça va encore monter"

Alors que l'attention accordée aux travaux de l'infectiologue grandit, l'enseignant n'a de cesse de dénoncer la désinformation médicale à l'œuvre. “L’éducation, la transmission aux plus jeunes, sont sacrées pour moi", avance le professeur pour justifier sa détermination. En parallèle, le cyberharcèlement se multiplie, menaces de mort comprises.

“De toute façon, si le but de ceux qui me harcèlent, me menacent de mort, ou d'autres qui lancent contre moi des procédures-baillons, est de m'épuiser, alors ces gens s’épuiseront avant moi. Car quand on me met à l'épreuve, ça ne m'impressionne pas, mais ça se transforme en détermination patiente, froide et méthodique”, souligne Guillaume Limousin.

Malgré sa victoire au tribunal, il estime que Didier Raoult ne s'arrêtera pas là. “En France, les condamnations des plaignants déboutés ne sont pas dissuasives. Didier Raoult avait lancé ses procès avec l'argent des autres. Et puis 2000€ à payer, pour lui c'est sans doute rien. Alors que pour moi, ça ne couvre même pas mes frais liés à cette affaire, même si ça n'enlève rien à ma détermination de la manifestation de la vérité."

L'infectiologue avait déjà été débouté par la justice à plusieurs reprises, après des plaintes en diffamation contre le professeur grenoblois Jean-Paul Stahl et l'infectiologue parisienne Karine Lacombe.

Face à Jean-Paul-Stahl, en février dernier, “il a été condamné à payer 1 000€, cette fois-ci 2 000€, la prochaine fois ça va encore monter”, avance maître Christian Peltier. D'ici à trois mois, Didier Raoult devrait faire appel et une prochaine audience devrait être fixée à Aix-en-Provence", conclut l'avocat.

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