Isère : des élèves qui “portent des armes blanches” au lycée pro, les enseignants exercent leur droit de retrait

Des enseignants devant le lycée professionnel Roger Deschaux à Sassenage / © Vincent Habran - FTV.
Des enseignants devant le lycée professionnel Roger Deschaux à Sassenage / © Vincent Habran - FTV.

Les cours n'étaient toujours pas assurés, ce jeudi 28 novembre 2019, au lycée professionnel Roger Deschaux de Sassenage. Environ 80 % des enseignants et des surveillants ont fait valoir leur droit de retrait depuis lundi pour dénoncer le climat d'insécurité dans l'établissement.

Par YG avec AFP.

Une large partie du personnel d'un lycée professionnel de Sassenage (Isère) observait ce jeudi 28 novembre 2019 son quatrième jour "sans cours" pour dénoncer l'insécurité croissante au sein de cet établissement, a-t-on appris auprès d'enseignants.

Environ 80% des effectifs du lycée Roger Deschaux, soit 94 enseignants et surveillants de cet établissement situé dans la banlieue grenobloise, étaient toujours impliqués jeudi dans ce mouvement engagé lundi matin. "Nous assistons à des faits de violence graves et de plus en plus nombreux depuis la rentrée scolaire, qui nous font craindre pour notre sécurité et celle des élèves", témoigne Angélique Bellin, une enseignante en lettres et en histoire.
 

Les enseignants et surveillants, qui estiment "ne plus être en capacité d'assurer leurs missions", ont fait valoir leur droit de retrait lundi matin après une nouvelle altercation violente entre deux élèves la semaine dernière. Ils déplorent le climat d'insécurité créé par l'attitude de certains élèves, qui "portent des armes blanches et menacent régulièrement" le corps enseignant et les surveillants. Ces faits ont déjà conduit à la tenue de plusieurs conseils de discipline et à l'exclusion de cinq élèves depuis le début de l'année scolaire.
 

"On veut des moyens"


Mercredi, au cours d'une réunion avec une délégation du personnel mobilisé, le rectorat de l'académie de Grenoble a proposé de mener un audit pour tenter de trouver des solutions et d'apaiser la situation. Réclamant davantage d'enseignants et de surveillants pour encadrer les 500 élèves de l'établissement, le personnel a signifié son intention de prolonger son droit de retrait jusqu'à ce que "des moyens soient mis en oeuvre" par le rectorat, dont il a toutefois salué "l'écoute".

"Notre équipe n'est pas résignée. On souhaite que nos élèves réussissent et on est conscient de nos missions. Mais on veut des moyens", souligne Angélique Bellin.
 
Sollicité par l'AFP, le rectorat de l'académie de Grenoble a confirmé qu'un audit sera mené "rapidement" au sein de l'établissement. Selon les personnels, ce dernier sera mené lundi.

 

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