Isère : ils dénoncent le projet de construction d'une micro-centrale sur un site Natura 2000

Les opposants à la micro-centrale hydroélectrique sur la commune d'Ornon (Isère) ont manifesté jeudi à Grenoble. / © C.P. / France 3 Alpes
Les opposants à la micro-centrale hydroélectrique sur la commune d'Ornon (Isère) ont manifesté jeudi à Grenoble. / © C.P. / France 3 Alpes

Une poignée de militants s'est mobilisée ce jeudi devant le siège de GEG à Grenoble pour dire "non" au projet de construction d'une micro-centrale hydroélectrique à Ornon (Isère). Un projet qui, selon eux, mettrait la biodiversité en péril dans une zone classée Natura 2000.

Par M.D. avec Jean-Christophe Solari

Les opposants à un projet de micro-centrale hydroélectrique sur la commune d'Ornon (Isère) s'inquiètent de voir leur ruisseau, le Rif Garcin, dénaturé par cette installation. Quelques dizaines de personnes ont manifesté devant le siège de l'entreprise Gaz électricité Grenoble (GEG) jeudi 26 septembre pour affirmer leur opposition au projet.

Ils mettent en doute la pertinence de cette centrale dite écologique alors que le ruisseau est asséché plusieurs mois durant l'année. Ce secteur de l'Oisans, appelé Basse Montagne, est classée Natura 2000. Et l'impact de la micro-centrale ne serait pas anodin.

"La construction d'une retenue d'eau nécessitera de raser des arbres et un bâtiment technique va voir le jour dans une zone protégée qui, pour l'instant, est à l'état sauvage et nous tenons à ce qu'elle le reste", déplore Alain Favier, président de l'Association de défense de l'environnement à Ornon (ADEO), militant contre le projet.

 

Détournement d'une frayère classée


Le Rif Garcin est un des derniers ruisseaux sauvages des Alpes, descendant du Taillefer et irriguant la zone humide de la Basse Montagne, au-dessus du village d'Ornon. Un ruisseau d'origine nivale, soumis à la pluie et aux chutes de neige, qui s'est retrouvé presque à sec durant l'été et reprend tout juste vie avec les pluies récentes.
 

La création d'une micro-centrale hydroélectrique entraînerait le détournement de ce ruisseau dans une conduite forcée. Or, c'est une frayère classée qui "permet la reproduction des truites à plusieurs niveaux de la vallée", rappelle Alain Favier. "Avec le projet de micro-centrale, le débit résiduel qui va être laissé diminuera l'oxygénation de l'eau, le transport de nutriments et gênera la reproduction des espèces aquatiques", assure-t-il.

 

Le projet en phase d'étude


L'installation de la conduite le long de la montagne dénaturerait des zones également classées Natura 2000 pour leur intérêt faunistique et floristique. Mais ce qui interroge surtout les opposants, c'est le bien-fondé même du projet sur un ruisseau de montagne au débit de plus en plus faible.

"Actuellement, il n'y a pas beaucoup de neige et on voit qu'il est très bas, ce qui nous permet de dire que le projet de centrale n'est pas très réaliste compte tenu de la faiblesse es débits et des périodes où on pourra turbiner l'eau", note Alain Jullien-Palletier, ancien maire de la commune iséroise et vice-président de l'association ADEO.
 

"Si on peut comprendre que la commune a quelques intérêts à vouloir trouver des subsides sur les retombées éventuelles de cette centrale, je trouve dommage de passer par la valeur 0 : la destruction du biotope et de l'environnement", regrette l'ex-élu. Ni l'actuelle maire d'Ornon, ni GEG n'ont voulu s'exprimer. Trop tôt pour eux, alors que le projet, lancé en 2017, en est encore à sa phase d'étude.
 
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