Isère : un boulanger de Fontaine lance une pétition pour régulariser son apprenti

A Fontaine, près de Grenoble, un boulanger vient de lancer une pétition pour demander la régularisation de son apprenti. D'origine malienne, Mamadou Sacko a reçu une obligation de quitter le territoire peu après avoir fêté ses 18 ans.  

Mamadou Sacko a débuté son apprentissage en septembre 2019 dans la boulangerie de Miloud Boukortt.
Mamadou Sacko a débuté son apprentissage en septembre 2019 dans la boulangerie de Miloud Boukortt. © D. Borelly / France 3 Alpes

Après la grève de la faim entamée par un boulanger de Besançon pour obtenir la régularisation de son apprenti, c’est au tour d’un artisan isérois de se mobiliser pour la même cause.

A Fontaine, près de Grenoble, Miloud Boukortt a lancé une pétition en ligne pour demander la régularisation de Mamadou Sacko, son apprenti d’origine malienne.

 

Obligation de quitter le territoire

Apprenti depuis un an et demi dans la boulangerie, le jeune homme aurait dû terminer son CAP en alternance en août 2022. Mais majeur depuis peu, son titre de séjour n’a pas été renouvelé. Il a même reçu une obligation de quitter le territoire français (OQTF).

En attendant son appel, Mamadou est contraint de poursuivre un CAP Service en formation initiale, car il n'a plus le droit de travailler. "Mon apprentissage, ça me manque parce que c'est le métier que j'ai envie de faire depuis tout petit, arrêter comme ça c'est très très dur pour moi" explique le jeune homme.

Cette souffrance est aussi partagée par Miloud et sa femme, gérants de la boulangerie Le Soleil du Vercors. Depuis que son apprenti est parti, l'artisan travaille 17 heures par jour pour fabriquer son pain.

 

Depuis le départ de son apprenti, Miloud Boukortt travaille 17 heures par jour et n'a plus de jour de repos.
Depuis le départ de son apprenti, Miloud Boukortt travaille 17 heures par jour et n'a plus de jour de repos. © D. Borrelly / France 3 Alpes

Ce n’est pas la première fois qu'il fait face à ce genre de situation : 3 de ses anciens élèves, eux aussi migrants, ont dû cesser de travailler à leur majorité. "Aujourd'hui ils veulent apprendre, ils veulent gagner leur vie tout simplement. Ils se lèvent, ils sont à l'heure ! s'enquit le boulanger. Mamadou vient de Saint-Martin-d’Hères à vélo. C'est quelqu'un qui en veut. Il ne demande pas la charité, il demande juste d'apprendre un métier et de gagner sa vie comme tous les jeunes d'ici. En Afrique, ils n’ont pas cette chance-là".

Pour soutenir Miloud et Mamadou, le maire de Fontaine a directement écrit à la préfecture.

Dans son courrier, Franck Longo rappelle que la formation de l'apprenti, n'est pas encore terminée : "Là c'est un passage à la majorité qui a entraîné l'obligation de quitter le territoire. Sauf qu’on a une situation qui est particulière puisqu’on est en plein milieu d’un cursus scolaire. Donc là je crois qu'on a des arguments pour dire qu’il devrait terminer sa formation dans de bonnes conditions".

Mamadou a finalement rendez-vous ce lundi 25 janvier à la préfecture de Grenoble. Il sera accompagné de son patron, qui espère pouvoir continuer à le former.

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
apprentissage éducation société migrants immigration