Journée des femmes : elles sont en grève pour leurs droits depuis 15H40 !

La plateforme Droit des Femmes appelle à la grève ce 8 mars depuis 15H40. A partir de cette heure-là, chaque jour, elles travaillent en effet gratuitement. Puisqu'en France, les femmes sont toujours payées 25 % de moins que les hommes. Notre invitée : Manon Gatto, du Planning Familial de l'Isère. 

Par Jean-Christophe Pain


Pour la plateforme Droit des Femmes, la 40ème Journée dite "des droits de la femme" ne se fête pas par un cadeau ou une distribution de fleurs. C'est une journée de lutte pour l'égalité.

La plateforme rappelle que les femmes étaient plus de 300 000 à manifester en Pologne pour le droit à l'avortement, qu'elles étaient en grève en Islande pour l'égalité des salaires, en Argentine contre les violences, aux Etats-Unis contre... Donald Trump. 

Pour ces militantes, la banalisation des idées d'extrême-droite, la montée des conservateurs dans les élections, sont des signes inquiétants pour les droits des femmes.
 

© M.Michellier/France 3 Alpes
© M.Michellier/France 3 Alpes

En 2017, les manifestantes veulent que cessent en fin les inégalités au travail, que soit garanti l'accès effectif à l'avortement, à la contraception dont la légitimité est sans cesse remise en cause, que cessent les violences sexuelles et sexistes, au travail, dans l'espace public, à la maison.

Elles veulent aussi des politiques volontaristes contre les stéréotypes de genre, à l'école, dans les médias.
 

Les violences faites aux femmes sont quotidiennes
Les violences faites aux femmes sont quotidiennes

 

Les femmes font grève depuis 15H40


En France, les femmes sont toujours payées en moyenne 25% de moins que les hommes.

Chaque jour, c'est comme si elles travaillaient gratuitement à partir de 15H40. A Grenoble, la plateforme Droit des Femmes les appelait donc à la grève ce 8 mars à 15H40 place Félix Poulat.

 

Paroles de manifestant(e)s



Parmi les manifestantes, Manon Gatto, chargée de communication et mobilisation au Planning Familial de l'Isère.


L'interview de Manon Gatto
L'interview de Manon Gatto


Le Planning Familial de l'Isère est l'un des premiers de France. Créée dès 1956, l’association réunissait des femmes et des hommes bien décidés à faire changer la loi de 1920 qui interdisait l’avortement. 

Les centres de Planning Familial constituent des lieux d’accueil, où chacun, homme ou femme, peut trouver un soutien, une aide à la réflexion quel que soit son âge. Les entrevues se font en toute confidentialité et dans le respect des convictions de chacun : hétéro/bi/homosexuel-les, transexuel-les, transgenres, etc.

Les centres sont des lieux d'écoute, d'information et d'entretiens où des conseillères et des médecins, tenus au secret professionnel, formés aux questions liées à la vie sexuelle et affective, accueillent sans jugement.

De nombreux sujets peuvent être abordés : la contraception, la grossesse, l’avortement, les infections sexuellement transmissibles (IST), les difficultés conjugales, l’adolescence, les relations parents-enfants.

En Isère, le Planning Familial est actuellement en discussion avec le Conseil Départemental au sujet d'éventuelles baisses de subventions. Le Centre d'Information sur les Droits des Femmes et des Familles a d'ores et déjà disparu pour cette raison. 


© M.Michellier/France 3 Alpes
© M.Michellier/France 3 Alpes


Le Planning Familial lance #LibresDeNosChoix


#LibresDeNosChoix c'est une plateforme digitale pour informer tous les jeunes sur leurs droits en matière de sexualité. Droit de choisir son ou sa partenaire, d'avoir ou non des enfants, de ne pas être discriminé en fonction de son sexe, son orientation, son identité. L'information reste un enjeu fort en 2017 !

En France, les mineures utilisent encore très peu les mesures légales de gratuité et de confidentialité pour l'accès à la contraception. 30 % des jeunes de 15-24 ans ont des représentations erronées sur le SIDA. 83% des collégiennes de 3ème et 4ème ne connaissent pas la fonction du clitoris.

Parmi les 12 millions de jeunes scolarisés chaque année en France, seule une minorité bénéficie des 3 séances annuelles d'éducation à la sexualité, rendues pourtant obligatoires par la loi de 2001. 


© M.Michellier/France 3 Alpes
© M.Michellier/France 3 Alpes




Sur le même sujet

Les + Lus