"On essaye de survivre" : pour surmonter le reconfinement, les restaurateurs isérois se lancent dans la vente à emporter

Depuis l'application du nouveau confinement pour freiner l'épidémie de Covid-19, les restaurants ne peuvent plus ouvrir au public. Pour continuer leur activité, certains mettent en place des systèmes de vente à emporter. 
Photo d'illustration.
Photo d'illustration. © Franck Dubray / MAXPPP
"Il faut répondre au téléphone, prendre les commandes des clients, faire passer un peu la journée", explique Cindy Fejoz, serveuse à l'Epicurien. Dimanche, c'était jour de marché au centre-ville de Grenoble. Peu de monde dans les rues mais le restaurant affichait malgré tout le menu. 

Cet établissement historique des rues piétonnes comptait jusqu’à dix salariés avant le confinement. Aujourd’hui, pour ne pas rester inactif, son patron se lance dans la vente à emporter. On trouve quelques plats du jour à 10 euros, et puis le dimanche, en plus, des plateaux de fruits de mer.

"La vente à emporter représente 6% de notre chiffre d'affaires"

"La vente à emporter ne marche pas bien. Cela représente 6% de notre chiffre d’affaires normal, précise Jean-Philippe Perrin, chef de cuisine et gérant de l’établissement. Avec 6% on fait 200 euros par jour. Pour une affaire comme l’Epicurien, qui fait 100 couverts par jour en temps normal, ça n’a rien à voir. On s’adapte, on essaye de survivre."

A Saint-Egrève pourtant, la boutique de Frédéric Massella ne désemplit pas. Lors du premier confinement, ce chef cuisinier a fait le pari d’ouvrir une petite épicerie dans une zone fréquentée. Pour rester au contact des clients, il propose lui aussi quelques plats à emporter.


"Faire un minimum de bénéfices pour payer les charges"

"Malheureusement, ce n’est pas l’objectif de gagner énormément d’argent. Ce qu’on veut vraiment, c’est continuer à faire plaisir à notre clientèle en cuisinant. Mais c’est surtout sauver notre restaurant, en faisant un minimum de bénéfices pour pouvoir payer les charges qui ne seront sûrement pas étalées. Mon objectif, c’est vraiment de survivre", assure Frédéric Massella, chef de cuisine et gérant de la Dame aux fleurs.

Les clients ont joué le jeu. Cette semaine, sa cuisine raffinée a fait un carton : le chef a vendu près de 300 repas.  


• Retrouvez ici le reportage de Grégory Lespinasse et Dominique Semet :
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