Que peut faire Arnaud Montebourg pour les salariés de General Electric-Alstom à Grenoble ?

Arnaud Montebourg, le 10 juillet 2014 à Bercy. / © WITT/SIPA
Arnaud Montebourg, le 10 juillet 2014 à Bercy. / © WITT/SIPA

En 2014, Arnaud Montebourg, Ministre de l'Economie, avait tout tenté pour éviter la cession d'Alstom, fleuron de l'industrie nationale, à l'américain General Electric. Sans succès. GE a pris le contrôle. Et il va licencier 345 des 800 salariés grenoblois. Arnaud Montebourg les rencontre ce soir.

Par Jean-Christophe Pain

En 2014, Arnaud Montebourg, Ministre de l'Economie du Président François Hollande, se lance dans un formidable bras de fer avec Patrick Kron, patron d'Alstom, qui veut vendre à l'américain General Electric. 

Non sans raison. On a en effet appris depuis que Patrick Kron était menacé par la justice américaine pour corruption. Il risquait gros. Et Alstom aussi.

Mais à l'époque, Arnaud Montebourg ne doute de rien. Même si Alstom est une entreprise 100% privée, le Ministre n'entend pas laisser ce fleuron de l'industrie française filer à l'étranger. 


Premier coup de théâtre


Arnaud Montebourg sort de sa manche une arme inattendue : il signe un décret qui interdit la cession au nom de l'indépendance énergétique nationale. Un vrai coup de force.

Le 21 juin 2014, la vente se transforme miraculeusement en "alliance" Alstom-Etat-GE. Le Gouvernement entre dans le capital à hauteur de 20%. GE s'engage à créer 1000 emplois. Sous peine de pénalités financières : 50 000 euros par poste non-créé !

A l'époque, les médias évoquent l'anti-Florange, une victoire "à la Montebourg". En réalité, de la poudre aux yeux...


Deuxième coup de théâtre


Arnaud Montebourg finit par quitter le Gouvernement à la fin de l'été 2014. Emmanuel Macron, jusque-là Secrétaire Général de l'Elysée, lui succède comme Ministre de l'Economie. C'est lui qui finalise le fameux accord Alstom-GE. Sans le modifier semble-t-il.

Pourtant,  quelques mois plus tard, le 4 novembre 2014, quand le contenu de l'accord est révélé aux actionnaires, "l'alliance" a complètement changé. 

GE prend complètement le contrôle. Notamment de la branche nucléaire, à 80% ! Pour commencer... 

Arnaud Montebourg commentera ainsi ce dénouement : "Quand vous n'êtes pas Président de la République, vous ne pouvez pas faire mieux que ce que j'ai fait!"

Aujourd'hui qu'il n'est même plus ministre, que peut-il faire pour les salariés de General Electric, ex Alstom ?





Sur le même sujet

SUIVEZ LES ELECTIONS SENATORIALES 2017 SUR FRANCE INFO

Lyon - L'association ALERTE fête ses 40 ans

Près de chez vous

Les + Lus