Reprise du groupe hospitalier mutualiste : un nouveau partenariat entre le CHU Grenoble-Alpes et l'Agduc

Le CHU Grenoble-Alpes et l'association Agduc ont annoncé, jeudi, former un partenariat en vue de la reprise du groupe hospitalier mutualiste. L'offre a reçu le soutien des élus locaux, mais ses termes inquiètent certains médecins.

Une conférence de presse a eu lieu ce jeudi au CHU de Grenoble pour présenter un nouveau projet de reprise.
Une conférence de presse a eu lieu ce jeudi au CHU de Grenoble pour présenter un nouveau projet de reprise. © Céline Aubert / France 3 Alpes
Un nouveau partenariat vient rebattre les cartes dans la cession du groupe hospitalier mutualiste (GHM) de Grenoble. L'association Agduc, déjà officiellement candidate à la reprise, vient de s'associer au CHU Grenoble-Alpes dans un partenariat "inédit 50-50" pour reprendre cet établissement privé non-lucratif. La nouvelle clinique de la Chartreuse à Voiron (Isère) est également concernée.

L'offre semble faire l'unanimité, du moins auprès des acteurs politiques locaux. Le maire de Grenoble, Eric Piolle, a confirmé la "volonté politique (de la municipalité) d'avoir ce partenariat". Pour Grenoble-Alpes Métropole, il s'agit de la seule offre "à-même de garantir la qualité et l’accessibilité de l’offre de soins", tandis que le Département de l'Isère a renouvelé son soutien à l'Agduc.
 
Certains médecins sont, eux, plus réservés sur les termes de la cession. L'offre de l'Agduc (voir encadré) fait consensus, le docteur Nicolas Albin, chef du service de cancérologie du GHMG, la qualifiant même de "nouveau départ très motivant". Mais il craint que la réorganisation se fasse au détriment de certains services, notamment le sien.

"En cancérologie, nous travaillons en coopération depuis 12 ans avec le centre Léon Bérard de Lyon (...) Nous avons essayé d'inclure ce partenariat dans la reprise, sans certitude pour le moment", pointe le médecin. Cette coopération avec un centre de référence se traduit par des projets communs, de la recherche, des prises en charge de patients localement, des recrutements de médecins cancérologues... Et tout cela serait remis en cause si le partenariat venait à s'arrêter.

 

"Nouveau modèle"


"Ce que nous souhaitons, c'est garder notre identité : une structure plus petite, plus réactive, plus proche de la population", ajoute le Dr Albin qui se dit malgré tout "favorable à la solution de l'Agduc et favorable à un travail en commun avec le CHU".

Lors d'une conférence de presse qui s'est tenue jeudi 28 mai, la directrice générale du CHU Grenoble-Alpes, Monique Sorrentino, a confirmé que le GHM allait prendre une "nouvelle trajectoire""C'est un établissement essentiel à l'offre de soins du territoire (...) Il est aujourd'hui indispensable que tout le monde travaille ensemble pour qu'on ne soit pas en compétition", a complété le Pr Marie-Thérese Leccia, présidente de la commission médicale d'établissement du Chuga.

Y aura-t-il des fermetures de service au GHM ? Non, répond Pierre Maréchal, le directeur général de l'Agduc. L'idée de ce nouveau partenariat est d'"avoir un nouveau modèle", "réorganiser les choses" avec un objectif : "maintenir les emplois". En 2018, ce groupe employait plus de 1 200 salariés dont 200 médecins, enregistrait 33 000 passages aux urgences et près de 90 000 consultations externes.

 

Menaces de démissions


"Réorganisation ne veut pas dire suppression de personnel, cela veut dire remettre les personnes au bon endroit", a ajouté le Pr Leccia. Mais l'avenir du partenariat avec le centre Léon Bérard n'a pas été évoqué. "Si on ne peut pas maintenir ce partenariat, une dizaine de médecins menacent de démissionner", annonce le chef du service de cancérologie du GHMG.

Le médecin appréhende "une fuite de la population vers le territoire lyonnais" et une dégradation de la prise en charge si ses craintes venaient à se réaliser. Il se montrera "vigilant" sur ce point et souhaiterait que cette coopération soit inscrite dans le dossier de reprise qui doit être déposé vendredi auprès du groupe Adréa, mutuelle majoritaire au sein du GHM de Grenoble.

"Là où on nous parle de politique de santé, nous parlons de projet médical", tranche le Dr Albin. Dans un communiqué, le CHU Grenoble-Alpes s'engage à "poursuivre les missions de service au public et le développement des six instituts du GHM (médecine, chirurgie, cardio-vasculaire, cancérologie, femme et nouveau-né, soins non programmés)", sans donner plus de précisions. La cession du GHM doit intervenir en fin d'année 2020, elle a déjà été repoussée après le rejet du projet de coopérative porté par des salariés et usagers.

 
Qu'est-ce que l'Agduc ?
L'Agduc est une association créée en 1975 par deux professeurs de médecine au sein du CHU Michallon à Grenoble. Elle offrait un suivi à domicile aux insuffisants rénaux avant que les hôpitaux ne prennent en charge la dialyse.

En 2010, l'association est devenue Etablissement de santé privé à intérêt collectif (Espic), tout comme le GHMG. La particularité étant qu'elle ne compte pas d'actionnaire, mais des administrateurs bénévoles.

L'Agduc accompagne aujourd'hui plus de 4 000 patients pour les aider à gérer leur maladie rénale, pour éviter la dialyse autant que possible, en pratiquant des actions de prévention. L'association emploie 450 salariés répartis sur 17 sites en Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte-d'Azur.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
santé société économie justice
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter