Tremblement de terre au Maroc : "dès les premières secousses, on s'est jetés sur les enfants" raconte une famille grenobloise

Marrakech est une destination prisée des touristes, Français en tête. Des Grenoblois se trouvaient en vacances dans la ville au moment du séisme qui a fait plus d'un millier de morts dans la nuit du 8 au 9 septembre.

La famille Perardel, originaire de Grenoble, est arrivée le 5 septembre à Marrakech pour quelques jours de vacances. Logés dans un riad du quartier de Bab Taghzout au nord de la médina, les huit adultes et leurs cinq enfants en bas âge ont senti de très fortes vibrations peu avant minuit. "Dès qu'on a senti le sol trembler, on s'est jetés sur les enfants pour les protéger et on est sortis de nos chambres", raconte Flore. Toute la famille se retrouve dans le patio du riad, avant de finalement rejoindre une grande place à quelques minutes à pied. "On a ressenti une seconde secousse, plus légère, ce qui nous a décidés à quitter le riad", poursuit la jeune femme.

Sur la grande place de Bab Taghzout, difficile d'estimer le nombre de locaux et de touristes. "Nous avons installé nos enfants sur des couvertures par terre, d'autres familles étaient allongées aussi ou assises sur des caisses, détaille Flore.

Ce qui m'a frappée, c'est le calme qui régnait à cette heure-là. Nous n'avons pas entendu de sirènes de pompiers pendant la première heure.

Flore, une touriste grenobloise à Marrakech

Après avoir passé environ 1h30 dehors, une partie de la famille décide de rentrer au riad, mais difficile de trouver le sommeil pour les adultes. Les plus petits ont réussi à s'endormir. "Mon fils de quatre ans était plus perturbé car il comprend davantage ce qui se passe", nuance Flore.

Des dégâts moins importants au nord de la ville

Au lendemain du séisme, de longues fissures fendillent les murs rosés de la maison et le plâtre s'est écroulé du plafond. Plusieurs objets sont cassés, mais les dégâts restent peu nombreux à l'intérieur. "Il y a quand même des zébrures dans la cage d'escalier, donc autant s'en éloigner", souligne Flore. Dehors, les débris qui jonchent les rues de la ville ocre témoignent de l'ampleur du séisme.

"Une partie d'entre nous doit rentrer demain pour Grenoble, nous avions déjà notre vol de prévu... Mais c'est dur de partir quand on sait ce que les locaux vont vivre sur place", explique la jeune grenobloise, qui s'est rendue plusieurs fois au Maroc. Selon les informations de l'aéroport, la majorité des vols en provenance de Marrakech est maintenue ce week-end, quelques retards sont à prévoir.

Ce samedi, l'effervescence habituelle des étals du marché de Bab Tagzout a été remplacée par le calme et le bruit des camions de déblaiement.