Séisme en Indonésie. A Grenoble, SOS Attitude, spécialisée dans l'abri d'urgence “n'attend qu'un feu vert pour repartir”

© SOS Attitude
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Alors que la situation en Indonésie est dramatique, et que des volontaires ce lundi 1er octobre enterrent dans des fosses communes les corps des victimes du tsunami qui a dévasté l'Ile des Célèbes, SOS Attitude attend toujours "l'officialisation de l'appel à l'aide internationale"

Par I.G

C'est une situation apocalyptique qui règne en Indonésie  au point que des volontaires ont commencé à enterrer dans des fosses communes des corps de victimes du séisme et du tsunami qui ont dévasté l'île indonésienne des Célèbes.

Cette catastrophe a déjà fait au moins 844 morts, et 59.000 déplacés, selon le dernier bilan de l'agence de gestion des catastrophes du gouvernement.

Le bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU  a estimé de son côté à 191.000 le nombre de personnes ayant besoin d'une aide humanitaire d'urgence.

Après le séisme d'une magnitude de 7,5 suivi d'un tsunami qui a frappé la côte ouest et dévasté la ville de Palu, les habitants manquent de tout: nourriture, eau potable, carburant ou médicaments. Les réseaux électriques et de télécommunications ont été très endommagés et les sauveteurs manquent d'équipements pour rechercher les survivants dans les décombres.
 


 Le président indonésien Joko Widodo a autorisé l'aide internationale d'urgence alors que des dizaines d'agences humanitaires et d'ONG  se sont dites prêtes à contribuer. Mais elles ont beaucoup de difficultés à faire parvenir de l'aide sur place en partie parce que les routes sont coupées et les aéroports endommagés.

"Nous n'avons pas beaucoup de nourriture. Nous avons pu prendre seulement ce que nous avions dans la maison. Et nous avons besoin d'eau potable", témoigne Samsinar Zaid Moga, une femme de 46 ans, interrogée par l'AFP.

"Le plus important ce sont des tentes parce qu'il a plu et il y a beaucoup d'enfants ici", ajoute sa soeur, Siti Damra. 

Des tentes, des abris d'urgence, c'est précisément la spécialité d' SOS Attitude, basée à Grenoble. L'association se mobilise à chaque catastrophe. Elle s'est d'ailleurs mobilisée, et est partie en urgence sur l'île de Lombock en août dernier, où des séismes à répétition ont provoqué la mort de 550 personnes, fait 1 500 blessés, et laissé des milliers de sans-abris. 

Problème, les autorités n'avaient pas lancé d'appel à l'aide internationale. Impossible alors pour les équipes arrivées sur les lieux de la catastrophe d'acheminer leur matériel, malgré tous leurs efforts. Deux équipes s'étaient pourtant rendues sur place...

Ce lundi 1er octobre, elles sont de nouveau prêtes à repartir. La situation est cette fois différente. Les autorités sont en effet disposées à "autoriser l'aide internationale", tant l'ampleur du drame qui touche Palu est grave.

Pour John Diksa, le président et fondateur d'SOS Attitude, " C'est  un peu comme si un barrage avait cédé. cet événement est ce qu'on appelle un "big one", une catastrophe absolue, c'est une question de vie et de mort, la priorité est à la recherche des survivants, au sauvetage, et il n'est même plus question d'évaluer les villages isolés ou non, l'île toute entière est en souffrance".

Des équipes d'SOS Attitude sont aujourd'hui prêtes à repartir, avec au moins 200 tentes, et plus de 1000 lampes solaires (fournies par Schneider Electric) dans un premier temps, mais John Diksa est cette fois circonspect : " Nous voulons d'abord nous assurer de la possibilité d'acheminer notre équipement, et de pouvoir le sortir de l'aéroport".
 

Alors "pas question d'engager de nouvelles équipes sur un terrain sismique a fortiori dangereux pour nos bénévoles, sans avoir la garantie que leur mission puisse aboutir", précise John qui reste confiant : " L'appel à l'aide internationale n'est pas encore tout à fait formalisé, mais nous sommes en relation permanente avec la cellule de crise du Ministère des Affaires Etrangères en France, et nous avons plusieurs pistes de travail et d'acheminement, (...) nous avons en tout cas tiré des leçons de notre mission précédente, et nos équipes ne partiront que lorsque notre stock de tentes destinées aux populations aura embarqué à bord d'un cargo, et sera sûr d'arriver à destination".





 

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