Un ex-gendarme isérois néonazi condamné à 18 ans de prison pour des projets "terroristes"

Ancien gendarme volontaire en Isère, Alexandre Gilet, 27 ans, a été condamné ce vendredi à 18 ans de réclusion criminelle. Il était jugé à Paris au côté de trois co-accusés pour des projets "terroristes" en lien avec la mouvance néonazie.

Quatre hommes appartenant à la mouvance néonazie ont été condamnés, vendredi 30 juin, à des peines allant d'un an à 18 ans de prison ferme par une cour d'assises spéciale des mineurs à Paris.

La peine la plus lourde, 18 ans de réclusion criminelle assortie d'une peine de sûreté des deux tiers, a été prononcée contre Alexandre Gilet. L'ex-gendarme volontaire isérois de 27 ans "détenait des armes, des explosifs" et "avait pris un ascendant incontestable sur le groupe", selon le président de la cour.

Le Grenoblois se voit aussi imposer un suivi socio-judiciaire de cinq ans comprenant l'interdiction de détenir une arme, une injonction de soins et l'interdiction d'exercer toute fonction publique pendant dix ans.

Des peines plus légères pour les co-accusés

Les trois autres accusés, qui comparaissaient libres sous contrôle judiciaire, sont condamnés à des peines beaucoup plus légères, dont la partie ferme sera "aménageable" par un juge d'application des peines, a précisé le président.

Evandre Aubert, Ardéchois de 28 ans, décrit comme "l'idéologue" du groupe, et Julien (prénom modifié), Tourangeau de 22 ans qui était mineur au moment des faits, sont tous deux condamnés à cinq ans d'emprisonnement dont deux ferme. La cour a tenu compte de l'"excuse de minorité" de ce dernier, ce qui diminue par deux la peine qui lui aurait été infligée s'il était majeur.

Gauthier Faucon, fils de militaire de 25 ans habitant à Tours, qui avait acheté illégalement un fusil à pompe à Alexandre Gilet, écope lui de trois ans de prison dont un ferme. Les quatre hommes étaient jugés depuis le 19 juin pour "association de malfaiteurs terroriste". Ils encouraient trente ans de réclusion.

Les hommes, aujourd'hui âgés de 22 à 28 ans, imprégnés de l'idéologie "d'extrême droite néo-nazie", selon l'accusation, participaient à un forum privé nommé "projet WaffenKraft" sur lequel leurs discussions avaient "très rapidement dérivé vers l'élaboration de projets terroristes sous l'impulsion d'Alexandre Gilet".

Armes et engins explosifs

Âgé de 22 ans au moment des faits, Alexandre Gilet avait intégré la gendarmerie en tant que volontaire en Isère. Il aurait été affecté à Montbonnot-Saint-Martin en 2017, l’année où il a rédigé un texte intitulé "Tactiques et opérations de guérilla".

Ce "manifeste de passage à l'acte terroriste" rédigé "à la manière des tueurs de masse de l'ultra-droite", "détaillait notamment des fusillades ou des actions au camion-bélier". De son côté, son avocate balaye le terme de "manifeste" et parle plutôt d'un "journal intime de la haine", "jamais diffusé et dont il a honte aujourd'hui".

Alexandre Gilet a été interpellé en décembre 2018, signalé après une commande de produits précurseurs d'engins explosifs. Outre des discussions en ligne, l'enquête a mis en évidence des achats d'armes, dont trois fusils semi-automatiques.

Le groupe néo-nazi envisageait de cibler des mosquées, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) et le siège de la Licra à Tours. Mais aussi, selon un co-accusé, "le concert de Médine au Bataclan(rappeur régulièrement accusé à droite et à l'extrême droite de complaisance envers l'islamisme) ou des "meetings de Jean-Luc Mélenchon".

"J'ai envisagé des projets de violence. Mais je ne me sentais pas psychologiquement en capacité de passer à l'acte", a déclaré l'ancien gendarme volontaire au cours de son procès, reconnaissant avoir été "radicalisé".