Isère : un député LREM s'oppose à la réautorisation des néonicotinoïdes voulue par le gouvernement

Le député de l'Isère Jean-Charles Colas-Roy a décidé de voter contre le projet de loi portant sur la réautorisation de certains néonicotinoïdes pour sauver la filière du sucre. Le texte sera débattu à l'Assemblée à partir de ce lundi 5 octobre.
Jean-Charles Colas-Roy sur le plateau de France 3 Alpes jeudi 1er octobre 2020.
Jean-Charles Colas-Roy sur le plateau de France 3 Alpes jeudi 1er octobre 2020. © France 3 Alpes
"Je voterai contre ce projet de loi." Voilà qui est clair. Le député LREM de l'Isère Jean-Charles Colas-Roy a décidé de s'opposer au gouvernement et à sa propre majorité, en refusant le projet de loi visant à réautoriser certains néonicotinoïdes. L'objectif du texte : sauver la filière du sucre, mise en danger par un puceron.

Ce projet de loi sera examiné à l'Assemblée nationale à partir de ce lundi 5 octobre, et divise déjà la majorité. Les néonicotinoïdes, qui s'attaquent au système nerveux de nombreux insectes et ont causé une dramatique diminution du nombres d'essaims d'abeilles en France, sont en effet interdits en France depuis le 1er septembre 2018, date d'application de la loi biodiversité votée en 2016.

Une interdiction que l'actuelle ministre de la Transition écologique Barbara Pompili avait vigoureusement soutenu.e Alors le rétropédalage du gouvernement n'est pas du goût de tout le monde.
 

Soutenir "les agriculteurs qui font des efforts"

Sur le plateau de France 3 Alpes, Jean-Charles Colas-Roy s'est dit favorable à un système d'aides à la filière betterave - la seule filière agricole a priori concernée par le projet de loi - "mais pas en détricotant la loi de 2016" :

Ce sont des produits extrêmement dangereux, et il est important de laisser cette interdiction. La loi était bien faite, elle avait laissé quatre ans aux filières et aux agriculteurs pour se passer des néonicotinoïdes. 90% des filières ont réussi.

Jean-Charles Colas-Roy, député LREM de l'Isère

Face aux revendications de la filière sucre, mise en difficulté par une attaque de pucerons véhiculant un virus qui détruit les betteraves, Jean-Charles Colas-Roy se dit favorable à une indemnisation des agriculteurs. Et notamment "ceux qui font des efforts mais qui se retrouvent confrontés à des aléas climatiques ou à un insecte qui attaque".

Et à l'instar des écologistes de l'Assemblée, le député de l'Isère milite pour la mise en place d'un "système assurantiel, où les agriculteurs et les pouvoirs publics mettent des sommes de côté les bonnes années pour pallier une mauvaise, et investir dans la recherche pour des conversions agro-écologiques, diviser les parcelles et mettre des insectes qui s'attaquent aux pucerons".
 
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