En Isère, les élus de la Matheysine votent une motion anti-loup

La communauté de communes de Matheysine est la plus touchée du département par les attaques de loups / © VALERY HACHE / AFP
La communauté de communes de Matheysine est la plus touchée du département par les attaques de loups / © VALERY HACHE / AFP

La communauté de communes lance un cri d'alarme sur la situation des éleveurs. Leur territoire concentre la grande majorité des attaques de loup recensées depuis le début d'année en Isère.

Par E.K. avec Xavier Schmitt

L'initiative est rare. Les élus de la communauté de communes de la Matheysine, en Isère, ont voté mardi 24 septembre une motion contre la protection du loup. Ils réclament de nouvelles mesures pour se défendre. Les attaques de troupeaux ne cessent de progresser sur ce territoire : plus de 300 depuis le début de l'année, soit près de la moitié des attaques de loup officiellement recensées en Isère. Les éleveurs sont en colère.

Au début, c'était une attaque de temps en temps, témoigne Eric Chattard, éleveur d'ovins. Maintenant, c'est régulier. Il faut que les bêtes soient rentrées le soir, qu'il y ait des patous... Si une bête reste écarté, on a des attaques même en plein jour.


"C'est la mort du pays"


La présence croissante du loup a poussé la communauté de communes à réagir. Dans leur motion, les élus demandent son déclassement de la Convention de Berne et la suppression des quotas de prélèvement. "Il y a une certaine psychose qui s'empare de ce territoire, explique Joël Pontier, président de la communauté de communes de la Matheysine. Les gens ne peuvent plus sortir véritablement la nuit sinon en voiture."

Arnaud Chattard, maire de Lavaldens, estime qu' "il faudrait peut-être une gestion  vallée par vallée pour pouvoir cerner au mieux la situation. Etre au plus près des éleveurs et pouvoir leur montrer que les services d'Etat les soutiennent et les entendent."
 

Beaucoup d'éleveurs sont à bout. Ni les indemnités, ni les aides, ni le nouveau Plan loup ne suffisent à soulager leur lassitude ou leur détresse."Il faudrait un réel changement de l'état de d'esprit de l'opinion publique et des gens "des villes" qui ne se rendent pas compte de ce qui'l se passe chez nous. Ce n'est pas simplement une bête qui arrive, c'est la mort du pays. On ne sait plus où on va aller", avance Cédric Fraux, éleveur d'ovins.

La motion anti-loup sera soumise au vote des 43 communes de la Matheysine. Puis, elle sera transmise aux services de l'Etat et au président de la République. 
 
Face à la multiplication des attaques de loup, les élus de la Matheysine ont voté une motion contre le prédateur
Reportage : Xavier Schmitt et Yves-Marie Glo

 

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