Isère : le mont Granier placé sous surveillance renforcée, une partie du massif pourrait s’écrouler

Le mont Granier est placé sous surveillance renforcée, les scientifiques estimant qu'une partie du massif pourrait s'écrouler, cinq ans après un éboulement impressionnant qui avait éventré la falaise. Les autorités rappellent que la zone est interdite d'accès depuis 2016.
Une partie du mont Granier menace de s'écrouler, cinq ans après un éboulement impressionnant qui avait éventré la falaise.
Une partie du mont Granier menace de s'écrouler, cinq ans après un éboulement impressionnant qui avait éventré la falaise. © Cécile Mathy / France 3 Alpes

Depuis 2016, le mont Granier, dans le massif de la Chartreuse, est balafré. Une partie de sa face nord s'est effondrée, et cette cicatrice pourrait bientôt s'élargir. Un "mouvement important" a été détecté sur une nouvelle écaille du côté de Chapareillan (Isère). Cette dernière menace de s'écrouler.

"Au sommet, il y a des capteurs qui permettent de surveiller en permanence l'évolution de la faille. Il y a eu une grosse période de pluie, maintenant une période de sec. Avec le changement du climat, on voit que ça bouge de plus en plus", explique Yannick Combaz.

Vendredi 23 juillet, les équipes grenobloises de l'Institut des sciences de la terre (Isterre) ont survolé la zone et constaté du mouvement au sommet du Granier. La faille entre l'écaille et le massif s'est agrandie. C'est donc toute une partie de la montagne qui pourrait bientôt s'écrouler. Des dizaines de milliers de mètres cube de roches risquent de se détacher progressivement.

"Les habitations de Chapareillan sont assez loin, la pente se radoucit donc il y a assez peu de risques que ça concerne les habitations", tempère David Amitrano, spécialiste en géomécanique et enseignant-chercheur au laboratoire Isterre de l'université Grenoble-Alpes.

 

Zone interdite d'accès

En 2016, un pan de montagne de 20 mètres de large sur 200 mètres de haut s'était écroulé sur la face nord du mont Granier. Des scènes de fracas amenées à se répéter mais impossibles à prédire. Les scientifiques espèrent être alertés par leurs capteurs quelques jours voire quelques heures avant l'effondrement.

Mais il n'y aurait pas de risque majeur pour les habitations à proximité comme celle de Yannick. "Ca nous inquiète un peu parce qu'un gros détachement de blocs pourrait arriver, estime cet habitant de Chapareillan. Ca reste du calcaire qui peut s'effriter assez rapidement. Mais les roches ne sont pas très grosses, donc elles n'iront peut-être pas très loin."

Depuis 2016, une immense digue a été créée pour guider les prochaines coulées loin des zones habitées. Le risque est cependant sérieux à l'aplomb du Granier. La zone reste interdite aux randonneurs, aux spéléologues et aux adeptes de l'escalade, par arrêté municipal datant de la dernière phase d'éboulements.

 

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